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La Cigale, Paris, 10/11 |
La Cigale, Paris, 10/11 "Mumm Ra, Boy Kill Boy, The Spinto Band, The Kooks"
Dans une soirée dédiée à peu de choses près au rock britannique essentiellement (hormis The Spinto Band), Mumm Ra, Boy Kill Boy et les Kooks de Brighton, se sont succédés, branchés sur un câble à haute tension pour certains. A l’arrivée, vapeurs de pop, folk et rock pour un public venu en masse.
Sans vouloir squeezer la prestation enlevée de Mumm Ra et l’air survolté des Boy Kill Boy, le rideau rouge de La Cigale s’est ouvert pour la deuxième partie de soirée sur la formation US, The Spinto Band (photo). Six garçons à la posture figée apparaissent pour subrepticement exploser tels des playmobils hyperactifs fixés par les pieds. Surprenant, comique même. D’où quelques questions : qui sont ces gars là ? Que cherchent-ils à transmettre ? Pourquoi bougent-ils comme cela ? Autant de questions qui resteront inexpliquées. Dans un son condensé, The Spinto Band recouvre une variété de caractéristiques musicales propres à la pop d’antan et vigoureusement rafraîchie. Côté esthétisme, une tripotée de guitares (trois) nous font faces, accompagnées d’une basse version Paul Mc Cartney, batterie et clavier en fond. Si je vous parle de coupe au bol, de couleurs affriolantes et d’un hochement de tête énergique, peut-être penseriez-vous à ce groupe mythique de Liverpool ? Rien à voir avec les USA, mais moi, cela me rappelle drôlement les Beatles. Remis au goût du jour, mais avec une intention tout à fait empruntée. Bref, ces gars là envoi un son direct et tranché. Faisant preuve d’une gaîté indéniable avec des chœurs insouciants et joyeux. Mais une coupe au bol plus tard et des roulements de l’avant bras interminables sur une guitare quasi-lustrée, le chewing-gum finit par perdre de son goût. Malgré un son punchy et mélodique, le groupe ennuie vite et agace même un peu. Ca joue pied au plancher, mais quelque chose manque à tout cela. Est-ce finalement le son brouillon livré par l’amoncellement de guitares parfois non maîtrisées (on pense au jeune dernier sur le côté gauche de la scène) ou bien leur impatience à vouloir faire que tout le monte saute de joie ? Nous pourrons imputer cela à leur jeunesse adolescente, mais très sincèrement, il n’y a pas de quoi se pâmer.
Sur les coups de 21h45, c’est au tour de The Kooks de venir attiser les foules. Enfin signés pour leur premier album, ces petits gars de Brighton affichent un peu plus de sérieux que les précédents. Avec une formation à quatre, on décèle leur envie timide, en ce début de concert, de faire les choses bien. Une réputation montante à tenir sûrement.
Rythmées et carrées, les premiers titres font office d’appel général. Les hurlements éclatent et les mains rougissent d’enthousiasme. Pas de doute, Luke Pritchard et ses faux airs de Jim Morrison fait de l’effet à ces dames. Surtout lorsqu’il s’attaque à un titre en solo, guitare acoustique en main et voix mi-douce mi-grave à l’appui.
Peu à peu, les Kooks vont étendre leurs mélodies rocks et pop, alliées à des nappes de folk parfois très réussies. Une majorité de titres, où intervient Pritchard avec panache, réussissent à convaincre. La voix est belle, un brin criarde, ce qui donne une allure écorchée au personnage. Sur des thèmes plus soyeux, des riffs guitares simples et sensés viennent chantonner à nos oreilles. L’accompagnement sonore se voulant discret puis protecteur. Ailleurs, le groupe s’aventurera à des compositions plus ska voire reggae. Difficile, mais ils s’en sortiront. On passe aussi sur les traces du punk. Saturations arrivées à terme et basse rebondissante feront l’affaire. Du coup, c’est un roadie qui systématiquement, viendra renvoyer tous les jeunes aventureux à leur place.
The Kooks, chaussés de bottines en pointe et vêtus de jeans sérés aura donc osciller sur plusieurs thèmes pour cette fermeture de soirée. Ils réussiront finalement à convertir une bonne partie des personnes présentes ce soir là, mais certainement pas la majorité. Et comme me disait un ami : « Je ne sais pas si ce groupe tiendra plus de deux ans (?)».
Photos: Robert Gil (www.photosconcerts.com)

Nicolas Maquestiaux
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