| Les femmes s'en mêlent - |
Bataclan, Paris |
Bataclan, Paris "Juliette & the Licks, Plastiscines, Rose Kemp"
Après une Rose Kemp un peu timorée, et des Plastiscines correctes, Juliette Lewis a explosé le Bataclan avec ses Licks. Espiègle et rageuse, l'ex-star d'Hollywood a prouvé à nouveau que son légendaire charisme scénique n'est pas usurpé.
Le Bataclan est à moitié vide quand Rose Kemp branche son ampli. Ce qui ne semble pas la chagriner tant elle est visiblement très heureuse d'être là. Entourée de trois comparses, la jeune Anglaise module sur un fil tendu entre un folk épuré et des titres flirtant avec le metal. Si elle démontre de réelles dispositions dans le premier exercice, le second casse le rythme. Ces passages musclés et souvent indigestes ont tendance à briser la sensibilité et la noirceur de l'ensemble. C'est quand même dommage car Rose Kemp, encore un peu timorée et fragile, possède un vrai talent d'écriture et déjà une certaine prestance scénique. A suivre.
L'arrivée des Plastiscines resserre devant la scène des rangs encore clairsemés. Entre ceux qui viennent se faire une idée de ce groupe qui ne cesse de diviser et les conquis d'avance, tout le monde est attentif.
Les Plastiscines, à vrai dire, démontrent une certaine aisance sur scène et présentent une copie correcte et heureusement plus intéressante que sur leur navrant disque. S'il est étonnant qu'un tel groupe puisse déjà fouler les planches du Bataclan avec si peu à apporter, les quelques rares et gratuitement méchants "barrez-vous!" fusant du public sont quand même injustes. Après tout, elles n'y sont pour pas grand-chose dans cette hype préfabriquée et totalement injustifiée.
C'est quand même avec un plaisir certain qu'on tourne la page pour une artiste bien plus consistante. A l'écoute de son dernier album, Four on the floor , on devine que Juliette Lewis et ses quatre compères ont de l'énergie à revendre. Surtout qu'elle traîne une réputation explosive sur scène. On attend donc avec impatience de voir en direct ce rock bien trempé. Et on n'est pas déçu.
Non seulement toute cette joyeuse troupe semble prendre son pied mais en plus ils ont tous les atouts pour nous entraîner avec eux dans leur joyeux bordel. Dès l'entrée en scène, moulée dans son pantalon en cuir, ses talons hauts, son débardeur avec l'inscription "je ne regrette rien" (sa nouvelle devise? une dédicace au public français) et son inséparable plume d'indien autour de la tête fièrement pointée vers le ciel , Juliette Lewis ne nous laisse pas le temps de nous mettre dans le bain. A peine une petite intro et la voilà partie à fond les ballons. S'enchaînent les titres les plus puissants de son dernier album tels que Hot kiss, Sticky honey ou le superbe Purgatory blues, et bien sûr les morceaux phares de son précédent disque, comme American boy et l'excellent You're speaking my language.
Une ambiance paradoxalement brutale et conviviale se dégage. La salle à moitié pleine met du temps à se chauffer mais elle réussit néanmoins à pousser quelques intrépides à slamer et l'onde d'énergie finit par convaincre l'audience.
Ses mimiques, ses attitudes et son charisme font d'elle une fabuleuse bête de scène, une indienne lâchée dans la nature, qui impose le respect. Y'a pas a dire la reconversion professionnelle de l'actrice est réussie! Rageuse et joueuse à la fois, très proche de ses compagnons de jeu, Juliette Lewis fait monter son set en puissance pour un bouquet final tribal au rythme d'une batterie effrénée et d'une Juliette quasi en transe. Elle n'aura pas raté sa seule date dans le cadre du festival.
Crédit photos: Robert Gil

Caroline d'Avout et Julien Cottineau
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