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| Festival des Inrockuptibles - |
Lily Allen à la Cigale, Paris, 9/11 |
Lily Allen à la Cigale, Paris, 9/11 "Si jeune et déjà professionnelle…"
Lily Allen a sorti son premier disque en juillet 2006. Ses singles Smile et LDN ont fait depuis le tour du monde. Sur scène, la Lolita pop allait-elle assurer son rang de révélation anglaise de l’année ? Pas sûr…
Une amie sincère me déclarait récemment en écoutant un morceau de Lily Allen : « C’est vraiment de la grosse soupe, ce truc. » Vexé, je rétorquai alors que, même sans crier au génie, on pouvait reconnaître à la jeune Londonienne un certain talent dans le genre ballades pop-ska-ragga gentilles, légères et sucrées qui se laissent très largement écouter, surtout pendant les vacances.
Programmer Lily Allen en tête d’affiche de la soirée d’ouverture du festival des Inrocks était donc une riche idée : en cette triste période de froid automnal, la voir sur scène permettrait au moins de se remémorer ces longs moments de farniente estival à se dorer la pilule au bord des flots en fredonnant un air de la charmante Anglaise. Sauf que voilà : Lily Allen est une professionnelle. A seulement 21 ans, elle a tout d’une grande ordonnatrice du showbiz et pour elle, les concerts, ça fait partie du contrat qu’elle a signé avec sa major. Un point, c’est tout.
Entourée de neuf musiciens encore plus pros qu’elle, qui avaient tous l’air de se demander ce qu’ils allaient s’acheter avec leur cachet de fin de tournée, Lily Allen a balancé l’ensemble des morceaux contenus sur son album Alright still plus quelques inédits, sans pour autant donner l’impression de croire à ce qu’elle chantait. Et là, une question vient à l’esprit : c’est quoi l’intérêt de donner des concerts, aspect promotionnel mis à part, si c’est pour servir une pâle resucée de ce qu’il y a sur le disque ?
Voilà donc l’essentiel du problème. Lily Allen, sur disque, c’est très sympathique, ça s’écoute distraitement et ça demande pas beaucoup d’effort. Et, avantage certain du disque laser, on peut aisément sauter les titres les plus chiants. Chose évidemment impossible en concert. Le minimum dans ce genre de situation aurait donc été d’assurer une vraie prestation scénique histoire de donner à voir et de masquer les évidentes lacunes de la musique. Attention ! Inutile de sombrer dans la grandiloquence de Madonna ! Ce serait gênant. Mais, au moins, donner l’impression d’être content de jouer devant un public, ça a permis à nombre de formations pas géniales sur disque de se faire une réputation de super groupe de scène.
Et, après coup, je me souviens des paroles cruelles et lucides de mon amie. Est-ce que Lily Allen fait de la soupe ? Peut-être, mais on pouvait arguer alors du fait que la chanteuse possédait un minimum de fraîcheur et de spontanéité capable de transcender sa musique. Apparemment non. C’est mon amie sincère qui avait raison.
Photos: Robert Gil (www.photosconcerts.com)

Laurent Deschamps
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