CD/Disque
Electrelane "No shouts, no calls"
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    Plus pop et moins noisy que leur précédent album, No shouts, no calls , écrit à Berlin et enregistré dans le Michigan prouve une nouvelle fois qu’Electrelane est un grand groupe et que rock- le vrai, l’ambitieux - n’est pas mort.
| par Lucie Geffroy | le 20/05/2007 | genre: noisy pop de moins en moins noisy |
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D’abord, il y a l’objet. Ornée d’une silhouette de navire et de motifs de noeuds marins, le disque décline une esthétique navale surprenante mais très réussie. Ce n’est pas tout, à l’intérieur, les quatre filles de Brighton ont glissé un cadeau : un bel écusson à coudre sur sa veste, sur son sac ou ailleurs. « Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour lutter contre le téléchargement ! » diront les rabat-joie. Ca va, laissez-nous croire que les Electrelane sont juste très généreuses.
La première écoute de No shouts no calls est sidérante. Médicalement parlant, la sidération signifie l’anéantissement soudain des fonctions vitales sous l’effet d’un choc émotionnel intense. Façon hyperbolique de vous dire que cet album est absolument fabuleux. Cinq étoiles sans sourciller. Versatile, bigarré, hétérogène, l’opus est néanmoins difficile à résumer. Si on le replace dans la discographie du groupe, on peut dire qu’il est assez loin des mélopées rèches et torturées de Axes et plus loin encore du pessimisme élégiaque de Power out – on se souvient de Verity Susman scandant en allemand une phrase de Nietzsche...
Ici, la demoiselle semble enfin assumer son côté midinette se laissant aller à plus de débordements vocaux (et sentimentaux ?). In Berlin, (selon moi, la plus belle de l’album) est une magnifique chanson d’amour sous la neige « You are all that I want, you are all that I need, If you freeze, I want to freeze next to you ». Ailleurs, elles ne s’interdisent ni les choeurs To the East ni la douceur d’un rythme de ballade Cut and Run.
Les quatre amazones n’ont néanmoins perdu ni leur puissance sonique ni leur goût pour les instrumentaux explosifs qui ont fait leur réputation sur scène comme l’atteste Five, The Lighthouse ou Between the wolf and the dog. Guitares furibardes, rythmiques froides et efficaces, claviers déments s’additionnent avec une évidence toujours aussi déconcertante. Et comme sur After the call ou Tram 21, de tempêtueuses envolées instrumentales balaient de fragiles arcs-en-ciel mélodiques sans que l’oreille en soit chagrinée.
Je ne sais pas quelles influences revendiquent Emma Gaze, Verity Susman, Ros Murray et Mia Clark mais indubitablement, il y a chez elles du Sterelolab période Emperor Tomato Ketchup ( At Sea , vous en convaincra), du Mogwai , du Shellac ( Five), ou encore du Sonic Youth ( After the call)... Contrairement à d’autres groupes qui ne décollent pas le regard de leur rétroviseur et se contentent de faire « comme » leurs maîtres, les Electrelane font « avec ». Elles créent leur propre langage, leur propre identité à partir d’une matière totalement assimilée. De vraies artistes en somme.
Le disque No shouts, no calls vu par Fanny Chiarrello
Lucie Geffroy
Too Pure/Beggars Banquet, sortie le 24 avril 2007.
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