Musiqualite.net est actuellement en pause en
attendant la nouvelle
version
Reportage -
Les Plastiscines à la Boule Noire
Les Plastiscines à la Boule Noire "Scène pâte à modeler"
Une avalanche de jeunes talents bruts a émergé de la scène rock française ces dernières années, notamment au sein des clubs sombres et destroy parisiens. L'arrivée des Plastiscines constitue un précédent parmi ce phénomène rock dominé dans la capitale par des groupes masculins. Retour sur le concert à la Boule Noire du quatuor féminin le plus en vue.
(READ IN ENGLISH HERE)
La queue devant la Boule Noire est un concentré de jeunesse ultra-cool et branchée en quête de la dernière sensation garage-rock de la scène indé. Laquelle, ce 6 mars, prend la forme des Plastiscines, quatre little girls tout droit sorties du lycée, prometteuses et désireuses de marquer de leur empreinte la sphère musicale. Indéniablement charmantes en anges pas si tendres de la scène parisienne, elles offrent un concert marrant et stylisé. Mais entre des paroles faiblardes, un défaut d'originalité, et un style musical basique, elles ont encore du pain sur la planche. Cela dit, pour des pas inauguraux dans l'industrie musicale, leur show est bien mené et démontre un certain potentiel.
Elles interprètent sans faille tous les morceaux de LP1, leur premier album sorti le 12 février dernier. La plupart des titres ne se démarque pas du format studio, à l'exception de (Zazie fait de la) bicyclette réhaussé d'un lifting légèrement plus rock dont la version enfantine sur l'album avait cruellement besoin. D'autre chansons ont marqué le concert, à l'image de Lost in translation, fracas punk pied au plancher, ou de No way débarrassé de son accent country et musclé par un jeu de batterie plus lourd. C'est avec la reprise de These boots are made for walking de Nancy Sinatra que le concert atteint pourtant son sommet, incitant enfin une salle jusque-là peu réceptive à se lâcher et à danser. A l'inverse de titres comme Tu as tout prévu, répétitif, et Human rights, un peu trop vide et aux paroles médiocres. Côté influences, on se base clairement entre les B-52's pour les cris spontanés sur quelques morceaux, et les Ramones pour le côté retro et le concentré d'airs rock classiques et amusants. Avec des titres qui dépassent rarement les deux minutes, cela donne au final un court concert fait de rapides accès d'énergie portés par la puissante voix de Katty Besnard.
Ne dépassant pas la vingtaine, on ne peut pas forcément attendre des Plastiscines des paroles de haute volée. Ce n'est d'ailleurs pas le cas. Mais elles servent la dose nécessaire de colère et de rébellion parlant à leurs fans adolescents. Le genre de chansons idéales à écouter en rentrant d'une longue journée au lycée, ou juste après s'être faite plaquée. Le constat demeure temporaire. C'est cohérent et simple mais plutôt répétitif et trop commun. Désormais, la question est de savoir si elles seront capables d'évoluer et d'innover suffisamment pour ne pas se noyer dans le flot massif d'une fraîcheur talentueuse qui inonde Paris actuellement. Ca arrive parfois. On se souvient par exemple de l'accueil mitigé du premier album des Yeah Yeah Yeahs , passés désormais de l'obscurité au salut unanime de la critique. Mais de là à gravir les marches internationales d'une colonie actuelle de songwriters talentueux et géniaux? Bon courage les filles. Vous allez en avoir besoin.
Crédit photos: Robert Gil .
Plastiscines, LP1, Virgin Music/EMI, sortie le 12 février 2007.