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Fond d’air électrique (La Cigale, Paris) |
Fond d’air électrique (La Cigale, Paris)
Il faisait chaud. Les bières étaient fraîches. Alors ce soir-là à la Cigale en plus de poésie, le public s’est enivré de vin. A la fin, chacun paraissait groggy de bonheur, comme soulevé par le pur plaisir d’avoir assisté à une addition musicale à hauts voltages.
Pas de dernière révérence. Les hurlements de la Cigale (remplie de filles ) n’auront pas suffi à faire revenir encore une fois les quatres poupées d’Electrelane . Il fallait, paraît-il, terminer à l’heure dite mais si elles avaient pu, elles seraient revenues. Je l’affirme parce que c’est sûr. Un fil magique nous reliait à elles. « Nous sommes très contentes d’être ici ce soir » a répété plusieurs fois Verity Susman.
Avant cela, en fait de fil, ce sont de grosses pelotes que Tender Forever avait commencé à balancer parmi nous. Parfois accompagnée de sa copine, le plus souvent seule sur scène, Mélanie Valera, alias Tender Forever chante en anglais et tricote de rocambolesques balades électro-folk.
Sa prestation sur scène est un pur enchantement qui multiplie au carré le plaisir de The soft and the hardcore . On voit la jeune fille s’affairer de l’ordi à la guitare, du synthé vintage au ukulélé (sa « manière d’être tendance, le ukulélé c’est mieux que de s’acheter ses fringues à H&M », dit-elle) et plier son corps aux rythmes presque cardiaques de beats merveilleusement arrangés. Monstre de sensibilité, mélange de timidité et de malice, Mélanie Valera donne beaucoup ; elle explique ce qu’elle fait, nous raconte des histoires, invite le public à jouer la rythmique ; à gauche les claqueurs de doigts, à droite les claqueurs de mains...Point d’orgue de cette générosité pleine d’affects : ses plongeons dans le public, micro en main, sans perdre le fil de sa (dernière) chanson.
Tombée amoureuse de Tender Forever, j’ai loupé une bonne partie de Gomm trop occupée que j’étais à essayer de nouer contact avec ladite Mélanie Valera qui dédicaçait ses disques dans le hall. Pas le temps pour une interview « right now » mais OK pour un entretien par téléphone un de ces jours (les filles, j’ai le portable de Tender Forever !). Gomm, je dois dire, ce n’est pas mon truc. Mais à en croire leurs fans, les quatres cravatés ont livré un set de très haut niveau tout en puissance avec une Marie électrisée. Le public avait donc déjà la tête à l’envers quand sont arrivées les quatre demoiselles de Brighton. Plus débridées qu’en première partie d’Arcade Fire à l’Olympia un mois plus tôt, les Electrelane magnétisent la salle avec leur pop expérimentale, leurs boucles hypnotiques (un peu à la Stéréolab comme sur Bells), leurs longs instrumentaux fendus par la voix perchée de Verity Susman et ses envolées baroques au Farfisa. Eight steps nous dévore. On est ailleurs. Pour un peu on toucherait ciel.
Crédit photos: Robert Gil

Lucie Geffroy
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Fond d’air électrique (La Cigale, Paris) Electrelane, Gomm, Tender Forever
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