Alain Chamfort
"Le grand retour"
Alors que son best-of sorti en mai dernier est bientôt disque d’or, le dandy de la chanson prépare une intégrale à paraître en janvier 2007. Avec un bonus extra : une reprise de la Décadanse en duo avec l’actrice Mylène Jampanoï.
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Alain Chamfort
: « Pour ne pas sombrer dans la lassitude, je me mets face à de nouvelles situations en permanence. »
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Vous tournez depuis 35 ans, vous êtes l’auteur de Manureva avec Gainsbourg… Qu’est-ce qui a changé dans votre façon de travailler aujourd’hui ?
Alain Chamfort : J’ai fait douze disques. La réalisation d’un album ne suffit plus désormais à me motiver. Il me faut autre chose : découvrir des sons, me mettre en contact avec de nouveaux auteurs. Pour cela, je surfe beaucoup sur Internet. Je m’intéresse à des univers musicaux présentés sur Myspace par de jeunes inconnus, parfois bourrés de talent. Il m’arrive de les contacter, de discuter musique, d’échanger des impressions. C’est comme cela que j’ai découvert le groupe Yel.
Avez-vous eu peur d’être un has-been ?
En fait, je me suis rendu compte qu’on découvre très vite ses propres limites, qu’on aimerait davantage se surprendre soi-même. Pour ne pas sombrer dans la lassitude, pour ne pas donner une impression de déjà-vu, je m’oblige à une forme de curiosité. Je me mets face à de nouvelles situations en permanence.
Comme pour ce duo avec Mylène Jampanoï.
Je ne connaissais pas cette actrice. Je l’ai découverte en regardant la télévision, un soir, l’an dernier. J’ai aimé le mystère qui émanait de cette jeune femme magnifique, métissée française et chinoise. Je trouvais que sa personnalité s’accordait bien avec la chanson de Gainsbourg. J’ai eu la chance qu’elle accepte d’enregistrer ce duo avec moi alors qu’elle n’avait jamais chanté auparavant.
Depuis quelques années, vous tentez d’exister autrement, hors du cadre traditionnel de l’industrie musicale.
Je suis bien obligé. En 2000, quand Sony n’a pas renouvelé mon contrat, j’ai bien cru que c’était terminé pour moi. Je me disais : «Est-ce que j’ai encore ma place dans la musique ?» J’étais défaitiste. Puis j’ai enregistré Le plaisir chez Emi et là, j’ai carrément été viré ! Mais ce coup-ci, je n’ai pas baissé les bras. Les visiteurs du soir, mon tourneur, m’a organisé 80 concerts en un an. Et on a fait un DVD qui s’est vendu à 18 000 exemplaires.
Vous l’avez enregistré dans le kiosque du jardin du Luxembourg, ce qui est plutôt original.
Au début, nous pensions faire une captation plus traditionnelle dans une salle de spectacle. Puis quinze jours avant, j’ai tout annulé car j’ai eu l’idée de faire un concert impromptu, gratuit, dans un lieu chargé d’histoire. Je souhaitais offrir quelque chose au public.
Vous étiez dans le même état d’esprit quand vous avez fait un Olympia à 5 euros l’an dernier ?
Exactement. J’ai fait financer cette soirée par des mécènes, la fondation Cartier et le site Internet ventes-privées.com. Du coup, on a pu vendre les tickets très peu cher. C’est ma manière à moi d’exister.
Ecouter ici

Propos recueillis par Anna-Lisa Saty
Aller plus loin (liens) :
Le site d'Alain Chamfort
La page Myspace de Yel
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