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Alamo Race Track au Rock dans tous ses Etats 2005 "Drôles d'oiseaux"

L'annulation de Kinski, vendredi, leur aura permis de jouer chaque jour au Rock dans tous ses Etats. Les Hollandais d'Alamo Race Track, qui viennent de sortir leur premier album en France, n'en demandaient pas tant mais ne se sont pas privés de fouler la scène à deux reprises. Avant de les revoir jouer au Nouveau Casino dès mardi (28 juin), nous les avons rencontrés tous les quatre sous la tente du bar, pour un peu plus de cinq minutes.

propos recueillis par Julien Cottineau | le 23/10/2006

Alamo Race Track au Rock dans tous ses Etats 2005 :

« On a compris qu'il ne fallait pas jouer comme sur le disque. Au départ, on tentait de reproduire l'album en live, mais ça manquait un peu de pêche. »


Photo © Loïc Duquenois

Un léger retour en arrière, comment avez-vous commencé?
Ralph Mulder (chant, guitare): Nous étions amis à la base et on s'est rendu compte qu'on aimait jouer ensemble, donc on a commencé à composer pendant nos études.
David Corel (basse): On s'est rencontré il y a six ans à la fac, à Amsterdam, où l'on vit désormais. Et dès qu'on a commencé à jouer, ça a plutôt bien fonctionné.

Mais avant Alamo Race Track, il y avait Redivider?
Leonard Lucieer (guitare): A l'origine nous étions tous les quatre dans Redivider, avec un cinquième membre, qui avait d'ailleurs plus ou moins formé le groupe (Diederick Nomden, ndlr)
Ralph: Mais on l'a viré!
Leonard: Ouais, c'est, enfin, oui c'est ça. (rires)
David: Nous voulions jouer autre chose tous les quatre. On a donc recommencé du début.
Ralph: Dans Redivider, on était une sorte de groupe d'accompagnement. Il était le chanteur, il composait tous les morceaux et on les jouait avec lui. Je jouais du tambourin.. (rires)
Leonard: Et on a pensé « mettons le joueur de tambourin derrière le micro »! (rires). Maintenant ça n'a plus rien à voir avec Alamo Race Track.
Ralph: On jouait ses morceaux, désormais nous composons à quatre. C'est notre musique, ce qu'on a envie de jouer.

Avec le recul, vous changeriez quelque chose sur votre album, Birds at home?
David: Je l'ai écouté le mois dernier pour la première fois depuis longtemps, et j'ai trouvé qu'il était d'enfer! (rires). Enfin, je pense que si on l'enregistrait maintenant, ce serait un peu différent.
Ralph: Ca marche toujours comme ça. On grandit en tant que groupe, on développe de nouvelles idées, mais à l'époque, lors de l'enregistrement en 2003, c'était l'album que nous devions faire, c'était le bon feeling. Même si évidemment, on a évolué depuis.

Pour le prochain, vous irez dans quelle direction?
Leonard: Probablement celle dans le style de We Like To Go On, notre single.
David: Un peu comme certains nouveaux morceaux que l'on joue déjà en live.

L'enregistrement du second disque est déjà en route?
David: On retourne en studio en juillet je crois. Ca doit être fini pour octobre.
Guy Bours (batterie): Avec une sortie prévue pour janvier.

Parlons scène. Comment Alamo Race Track vit la scène?
David: On a compris qu'il ne fallait pas jouer comme sur le disque. Au départ, on tentait de reproduire l'album en live, mais ça manquait un peu de pêche.
Ralph: C'est bien de donner une vision légèrement différente des morceaux. C'est plus intéressant, même pour nous. Chaque concert est différent. Et puis à force de jouer, on peaufine notre son.


Alamo Race Track au Rock dans tous ses Etats 2005 :

« Je préfère l'intimité d'une petite salle. Le public est très différent en festival. »


Photo © Loïc Duquenois

Comment vivez-vous un concert en salle et en festival?
David: Je préfère l'intimité d'une petite salle. Le public est très différent en festival. Les gens fument beaucoup d'herbe et voient des concerts très différents. Sur une date en salle, ils viennent pour toi, l'atmosphère est forcément autre. C'est plus facile. En festival, il faut pouvoir capter l'attention du public, c'est plus dur, il y a tellement de groupes.

Vous avez eu de la chance ici. Programmés pour le samedi soir, vous avez pu jouer dès hier en remplacement de Kinski. Sympa?
Leonard: C'est vraiment un chouette festival. Sa taille permet de changer les choses facilement.
Ralph: Avec des groupes intéressants. Et les gens sont plus sympas, comparé aux festivals aux Pays-Bas où les personnes qui travaillent en coulisse se sentent vraiment importantes et se montrent un peu arrogantes. Ici le staff est vraiment gentil, on t'aide facilement, on te traite bien, c'est nouveau pour nous.

On va terminer avec le questionnaire « 5 minutes au bar ». Alors, qui irez-vous voir ou qui avez-vous vu?
Guy: Sonic Youth!
Ralph: The Kills a assuré hier soir. Et j'attends avec impatience Blonde Redhead, je suis un grand fan. J'espère qu'on aura le temps de les voir (Alamo Race Track jouait peu avant la fin de leur concert, ndlr). Peut-être que tu peux chanter et tenir la gratte ce soir pour m'aider?!!
Guy: Il y a aussi le Devendra Banhart Band. Je les ai vus car ils ont répété une semaine à Amsterdam dans un local sous le bar de ma copine. Et c'est super sympa.
Ralph: Et j'ai beaucoup aimé Black Mountain ce matin (16h... ndlr).

Votre meilleur souvenir en festival? »
Leonard: Probablement au South by Southwest, à Austin au Texas, l'an dernier.
Ralph: Géant. On est resté deux semaines, on a loué un van et on s'est baladé dans le sud à la recherche d'endroits où jouer. J'ai aussi adoré le Lowlands festival en Hollande.
Guy: C'était super parce qu'il n'y avait pas que de la musique mais aussi du théâtre, des projections de films, et plein d'autres choses artistiques. Avec 45000 personnes. On y a joué lors de la sortie de l'album aux Pays-Bas.

Votre meilleur souvenir en tant que spectateur ?
Guy: Soundgarden, au Pinkpop festival en 1992. Ils venaient de sortir leur deuxième disque et c'était leur première date en Hollande je crois. C'était incroyable! Il y avait un orage, des éclairs partout, et ils jouaient comme des fous!
David: Il y a eu aussi Franz Ferdinand, que nous ne connaissions pas, pendant le South by Southwest.
Guy: Ah oui! Au Texas, tu ne peux pas boire une bière dans la rue. Mais il faisait super chaud. On avait repéré un grand balcon extérieur dans un bar, et nous étions là sans savoir qu'il y avait un concert le soir même. Un paquet de monde s'est pointé et les Franz Ferdinand ont fait un super show. Tout ça parce qu'on voulait juste boire une bière!

Votre plus grosse galère en festival ?
David: Ici! L'électricité a coupé deux fois hier soir quand on jouait! Très étrange! Mais c'est toujours un super festival!

Birds At Home, Fargo sortie mai 2005. Lire la chronique ici.

Crédit des photos: Loïc Duquenois.


Propos recueillis par Julien Cottineau
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