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Portrait - 

Alexandre Varlet

Alexandre Varlet "Ambigu fulgurant"


A 32 ans, Alexandre Varlet s’apprête à sortir chez Fargo un troisième album haletant, folk et intime, Ciel de Fête. Le 14 mai, il a remporté la première édition du prix Olivier Chappe "En concert contre le cancer", à la Flèche d’or. Portrait.

par Aena Léo | le 15/05/2007

Alexandre Varlet 16h30, Paris XXème. Un vent électrique secoue les nuages, le soleil se bat pour percer. Lumière étrange, ciel troublant, ambiance de circonstance pour une rencontre avec Alexandre Varlet. Le musicien-poète nous attend sur la petite terrasse de la Flèche d’or, accessible après un étroit couloir filant le long des cuisines. Il s’assoit. Deux verres et quelques photos traînent sur la table. Ce sont d’abord ses yeux qu’on remarque. Leur bleu fulgurant. A peine le temps de les voir, il les cache derrière une paire de Ray Ban : la luminosité curieuse de ce ciel de lundi le dérange.
Pourtant Alexandre Varlet la cherche, la lumière. Son nouvel album est un jeu de cache-cache avec elle. « J’ai un profond désir de vie » avance-t-il. Avant d’ajouter, comme pour désamorcer une remarque attendue sur le spleen qui habitent ses paroles : « comme mes textes ne le montrent pas toujours, je suis un type assez drôle ». Varlet manie l’autodérision aussi bien que le clair-obscur. Et l’ambiguïté. Poussez-le dans une case, collez-lui une étiquette (poète du spleen, dandy folk…), il lui échappe avant que vous n’ayez le temps de vous retourner. Varlet veut plaire sans séduire, il est terriblement classe sans chercher à l’être. «Je vise d’abord l’émotion et le plaisir. Les vivre et les donner, ce sont mes moteurs».

Alexandre Varlet Ce soir, il en y aura. Au cours de l’enregistrement live de l’émission La Bande passante, de RFI, il se verra remettre le prix Olivier Chappe, "En concert contre le cancer" par Mathias Malzieu, le chanteur de Dionysos parrain du prix, et par la mère d’Olivier. Le tout, devant une Flèche d’or comble. « Participer au prix est important pour moi, la cause me touche de près. Je suis persuadé que la musique… » Il ne finit pas sa phrase. Pas besoin. Alexandre Varlet use des silences comme des mots : avec retenue. Et sens.
Sa carrière a démarré il y a presque dix ans, en 1998, avec la sortie de son premier album Naïf comme le couteau. L’histoire commençait plutôt bien. Issu d’un milieu modeste, il grandit en écoutant Cocteau Twins, Joy et Depeche Mode sur son « radio réveil Sony ». Il se forge une culture musicale très anglo-saxonne, qu’il essaie de retranscrire en composant en français « sur une guitare en bois ». « Je voulais devenir musicien pour me forger une vie à part » . Cruel destin : trois mois après la sortie de son premier disque, son label (Commando, une division de BMG) met la clé sous la porte. A 23 ans, il se retrouve seul, « avec une immense tristesse et frustration ».
Il aurait pu ne pas s’en relever. Mais il tirera de sa « soif de vivre » la force d’écrire Dragueuse de fond, un deuxième album nourri d’un second degré pertinent, remarquable par son aisance avec les mots.
Elle ne l’a pas quitté. On retrouve sur Ciel de Fête, son troisième album à paraître en juin, le même cynisme mesuré et élégant, les mêmes ambiguïtés : poésie grave et légère, acoustique contre électrique, gracile des mélodies contre brut de la guitare. « Je voulais cet album plus direct et efficace, dans les sons comme dans les textes. Je voulais que les aspérités des voix et des instruments se ressentent, se touchent presque » . C’est le cas. Les guitares dégagent une énergie granitique, sensuelle, elle vibre jusque sous la peau, ébranle le squelette. Plus brut que folk, plus US que frenchy. La voix grave et masculine de Varlet s’en accommode intimement.

Alexandre Varlet Ses textes fluides alternent les climats, tranchent les rimes sans leur imposer de sens, laissant chacun libre d’y trouver ce que ses mots éveillent : beauté inquiétante, mélancolie nonchalante, spleen rugueux.
Sa poésie intime et veloutée, presque blues, est taillée pour la scène. Il faut l’y voir. Dandy, secoué, son stress à la ville se mue en énergie pure, habitée. « Je n’ai pas la choix, c’est ma façon de vivre les émotions ». Les émotions. Elles font de ses concerts un moment à part. Physiques et surréalistes. Le 28 mai, il jouera au Café de la Danse, en première partie de Mick Harvey.

Alexandre Varlet, Ciel de Fête, sortie le 12 juin chez Fargo Records.
Bientôt en interview sur musiQualité.net

Photos 1 et 3 : Yann Ohran, photo 2 : Franck Morand.


Retrouvez ici un zoom sur le Prix Olivier Chappe.

Aena Léo
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En savoir plus :
Le site d'Alexandre Varlet
Le site de Fargo

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Réactions

clint29 le 22/05/2007 à 14:19:12
il va tous les niquer...

olivia le 18/05/2007 à 09:50:17
son univers a quelque chose de fascinant. Il a quelques tics, c'est un super angoissé, mais sur scène ça donne quelque chose de très incarné. on est loin des tout calmes coincés du cul derrière leur piano ! C’est du vivant torturé, de la lumière des abysses.

Joran le 18/05/2007 à 05:56:08
Mais quel bel homme!

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