Newsletter | Flux RSS | Agenda | Contactez-nous
Bienvenue. Dernière mise à jour le 13-10-2008
tous les jours, musiqualité.net
coupure
 
publicité
Musiqualite.net est actuellement en pause en attendant la nouvelle version
Alexandre Varlet "Je voulais un son blues, peu trafiqué et sensuel"

Il vient de signer chez Fargo, le label folk-rock d’Andrew Bird et Emily Loizeau. Son troisième album, Ciel de Fête, est un concentré de son rugueux, de guitares brutes et de folk intimiste. Rencontre avec Alexandre Varlet, gagnant du prix Olivier Chappe.

propos recueillis par Aena Léo | le 05/06/2007

Alexandre Varlet :

« Je veux qu’on retienne de ce disque mon désir de lumière et de vie. »


Photo © Franck Morand

Comment as-tu découvert le prix Olivier Chappe ?
J’ai reçu un message via myspace m’annonçant son lancement. Je suis allé sur la page du prix et j’ai découvert son histoire. Elle m’a beaucoup touché. Je l’ai été tout autant lorsque j’ai appris que j’étais le gagnant.

Ciel de fête, ton troisième album, sort le 12 juin. On y rentre plus facilement que dans tes deux précédents disques: le son est plus brut, plus direct. C’était le sens que tu voulais lui donner ?
Exactement. Je voulais un disque au son plus rugueux, brut. Mon objectif était de donner à la musique comme aux textes une certaine efficacité. Je suis allé au plus sobre, tout en cherchant un son assez blues, peu trafiqué et sensuel.

Comment as-tu composé cet album ?
Avec une guitare acoustique et ma voix, à la maison. J’accumule du matériel sonore pendant un petit moment et dès qu’un air me plaît, je m’arrête pour le bricoler. J’écris une suite d’accords, puis les mots viennent se coller dessus. Le texte vient toujours après.

Quel est ton moteur dans l’écriture ?
La vie, les rêves, le désir et la frustration. Ça englobe beaucoup de choses ! J’aime beaucoup la vie. Mais parfois je me bats pour l’aimer, pour résister. Je crois que c’est ce combat, le véritable moteur de mon écriture.

On a souvent qualifié tes textes de torturés. Es-tu de ceux qui vivent l’écriture comme un catharsis ?
Je ne sais pas. Beaucoup de morceaux ont joué un rôle clé dans ma vie à un moment ou à un autre. Ils ont accompagné des joies, des tristesses. C’est l’envie de partager ces émotions qui m’a poussé à devenir musicien.

Tes textes sont assez sombres pourtant, en les écoutant, on ressent le plaisir que tu as pris à les chercher, à les faire coïncider avec l’accompagnement. Cela éveille des émotions assez contrastées…
C’est possible. Pour cet album, j’ai d’abord cherché l’efficacité des mots, leur simplicité. Sans pour autant oublier mon amour pour la poésie. Mais j’écris des chansons avant tout pour qu’on les siffle. J’ai aussi le désir qu’un texte puisse être lu comme ça, révéler des choses immédiatement, sans qu’on ait à se pencher sur le sens des phrases. Sur mon précédent disque, je malaxais plus les mots, les paroles n’étaient pas toujours claires. C’est ce que je voulais éviter cette fois.


Alexandre Varlet :

« J'ai su que je voulais devenir musicien ado, devant mon radio réveil Sony. Depeche Mode passait en boucle. Je me suis dis : je veux être à leur place ! Comme eux, j’ai voulu prendre et surtout donner du plaisir sur scène. »


Photo © Yann Ohran

Pourquoi Ciel de fête ?
Car je voulais qu’on retienne de ce disque mon désir de lumière et de vie.

On ressent particulièrement cette soif de lumière sur le premier titre de l’album. 100% instrumental, il est parcouru de contrastes, on imagine le soleil jouant dans les branchages d’un sous-bois…
Depuis quelques années je vis au bord de l’eau avec le soleil au quotidien et je nage toute l’année en mer. Cela m’apporte des émotions extrêmement puissantes. Je voulais que Ciel de Fête ce rapproche de cet état. Je ne pourrais jamais cacher la mélancolie, la noirceur qu’il y a en moi. Pour autant, je suis quelqu’un d’assez drôle, même si on ne le comprend pas toujours !

Cet album sort chez Fargo, l’un des principaux labels folk dont le catalogue n’affiche qu’un artiste français à part toi, Emily Loizeau. Comment es-tu arrivé chez eux ?
Très simplement. Je leur ai envoyé mon disque, on s’est rencontré et on s’est immédiatement senti sur la même longueur d’ondes. Deux jours après, c’était plié. C’était fulgurant !

Juste après la sortie de ton premier album, en 1998, ta maison de disque a mis la clé sous la porte. Tu t’es retrouvé seul, sans soutien. Un moment difficile de ta carrière. En quoi ce passage à vide a-t-il influencé ton écriture ?
Il a déclenché chez moi énormément de frustrations et de tristesse. Le disque démarrait bien et soudainement, plus rien. C’est violent. Du coup j’ai composé l’album suivant, Dragueuse de fond, dans cet état d’esprit. J’y ai mis toute ma colère. J’aime ce disque, mais le résultat est assez ampoulé, emprunt d’une souffrance qui se mort la queue. J’ai approché Ciel de Fête beaucoup plus calmement, avec l’envie de raconter des histoires aux gens, de leur parler plus directement.

Tu chantes accompagné de deux guitares électriques. Sur scène également ?
Pour l’instant oui. Ça donne des concerts très physiques. Mais plus tard je jouerai avec un groupe. J’imagine bien un son avec un fort grain, avec beaucoup de basses et de sons chauds. Ce disque est le plus taillé pour la scène : c’est le plus rythmé des trois, avec des sons pop-rock.


Alexandre Varlet :

« J'ai commencé à écrire parce que des groupes américains me faisaient vibrer : Cocteau Twins, Joy Division… »


Photo © Loïc Jouan

Tu sais dès le départ quels thèmes tu exploreras dans un album, ou conçois-tu le disque comme une somme de chansons, sans ligne directrice particulière ?
Quand j’ai composé une quinzaine de titres, je me dis : tiens, il y a de quoi faire un album. J’écris librement sans penser à un quelconque concept d’album. La cohérence vient du fait que je compose sur un laps de temps assez court, un an tout au plus.

Quand as-tu su que tu voulais devenir musicien ?
Ado, devant mon radio réveil Sony. C’était l’époque ou Depeche mode passait en boucle à la radio, au top 50. Je me disais : je veux être à leur place ! Je les trouvais beaux, lookés, ils procuraient chez moi des émotions dingues. Comme eux, j’ai voulu prendre et surtout donner du plaisir sur scène.

Qu’est-ce que tu écoutes en ce moment ?
Depeche mode, indémodable… J’ai beaucoup aimé le dernier album de Blond Redhead. J’écoute aussi Sinatra, des vieux Dylan. Beaucoup de vieilleries et de trucs des années 80 en fait.

Parce que tu ne retrouves pas les mêmes émotions avec les groupes actuels ?
Bizarrement, quand j’écoute Franz Ferdinand, que j’aime beaucoup, je retrouve le même type d’émotions que ce qu’éveillent les groupes des années 80. Alors autant les écouter directement. J’y trouve mon compte. Il faut dire aussi que trop de disques sortent aujourd'hui, que j’ai vite capitulé à tous les écouter. Et de toute façon… Dylan, Depeche Mode, Sinatra, leur musique est un tel puits d’inspiration, elle me suffit.

Qu’est-ce qui t’a inspiré le morceau Montre-toi ?
Il a été écrit très vite, en une matinée, quand je vivais encore à Paris. J’ai beaucoup souffert du ciel gris dans cette ville. Au premier degré, Montre-toi est un hymne au soleil. Je lui parle : j’en peux plus, ramène tes rayons ! Mais il y a beaucoup d’autres sens dans cette chanson. C’est aussi un hymne à la liberté, à être soi. C’est ce qui est le plus dur dans la vie. Etre soi.

Tu as maintenant dix ans de carrière derrière toi. Un public très fidèle te suit depuis tes débuts. Tu ne vis jamais la possibilité de les décevoir comme une pression ?
Non ! Dans le cas contraire ce serait le début de la fin. Je compose d’instinct, sans rien contrôler. Les mélodies me viennent, les titres s’accumulent et un univers apparaît. C’est à ce moment-là que je pense au public. Pas avant.


Alexandre Varlet :

« Malgré mes influences anglo-saxonnes, j’ai pris le parti de composer en français et avec une guitare en bois. On fait avec ce qu'on a... »


Photo © Yann Ohran

Les musiciens de la scène française sont plutôt retenus sur scène. Tu es au contraire très agité, tu ne conçois pas un morceau sans mouvement. C’est ta façon d’incarner les émotions soulevées par les textes ?
C’est en tout ça la seule façon que j’ai de les vivre sur scène. J’ai un rapport très épidémique et physique aux morceaux.

Cela te rapproche plus des artistes américains que des musiciens français.
Je ne m’en suis jamais caché : j’ai commencé à écrire parce que des groupes américains me faisaient vibrer : Cocteau Twins, Joy Division… Mes inspirations sont d’abord anglo-saxonnes. Ensuite, ça peut sembler étrange, mais j’ai pris le parti de composer en français et avec une guitare en bois.

Ce n’est pas étrange ! Après tout, on commence avec ce qu’on a sous la main…
C’est exact ! Je voulais un synthé, j’ai reçu une guitare en bois. Alors…

L’écriture et la musique, au fond, n’est-ce pas pour toi une façon de ne pas avoir une vie comme les autres ?
Ça peut paraître prétentieux, mais quand je regardais les groupes du top 50 et que je rêvais de devenir comme eux, c’était bien pour ne pas avoir une vie comme les autres. Je viens d’un milieu modeste, ma famille a tout fait pour nous rendre heureux, mais j’avais besoin d’autre chose. J’ai envie de succès. Malheureusement, je ne suis pas sûr d’avoir choisi la voie musicale la plus simple pour y arriver. Mais on ne choisit pas.

Pour finir, passons à un petit questionnaire ouvertement piqué à l’émission Apostrophe de Bernard Pivot...

Quel métier tu aurais pu faire si tu n’avais pas été musicien ?

Maître nageur.

Celui que tu n’aurais pas pu faire ?
Stewart. J’ai peur des avions.

Quelle est ton expression ou mot préféré ?
Providence. Pour son sens.

Quel est ton héro réel ou imaginaire préféré ?
Jack Landon.

Quel personne célèbre tu aurais aimé être ?
Dave Gahan, le chanteur de Depeche Mode bien sûr !

Retrouvez ici le portrait d’Alexandre Varlet.

Retrouvez ici un zoom sur le Prix Olivier Chappe.


Propos recueillis par Aena Léo
Ecrire au rédacteur


Aller plus loin (liens) :

Le site officiel d'Alexandre Varlet
 

Recherche
Tags
Pornorama Allain Leprest Daphné Mika Wu-Tang Clan Hushpuppies Carla Bruni Cali Yael Naim Yann Tiersen Carla Bruni Yael Naim à la Boule Noire Vanessa Paradis Cocoon Eddie Vedder
Réactions

Il n'y a pas d'avis sur cet article. Cliquez-ici pour en mettre un!
Dernières chroniques
Loane
Loane
The Dresen Dolls
No, Virginia
The Doors
DVD Classic Album
Hooka Hey
Hooka Hey

Concours (Jeux)

Musiqualité.net est le magazine en ligne des musiques actuelles. Parution du lundi au vendredi. Tous droits réservés à Musiqualité ou ayant droits, reproduction interdite sauf exceptions (mentions légales) © 2003-2008 Association Musiqualité.net

RSS RSS Fils XML/RSS | Partenaire: The French Touch - Worketer

   
Chanson folk | Pop-Rock Indie | Electo Hip/Hop | World et Jazz | Eddie Vedder | Vanessa Paradis | Carla Bruni | Pornorama | Carla Bruni | Allain Leprest | Mika | Cocoon | Yael Naim à la Boule Noire | Daphné | Hushpuppies | Yael Naim | Yann Tiersen | Cali | Wu-Tang Clan |