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Alexkid "Des cycles, des boucles..."

A 31 ans à peine, le clubkid parisien sort son troisième album (Caracol, F Com) en ce mois de septembre. Un disque plus minimal, plus rugueux. Comme pour se rapprocher de l'essence de la musique électronique à un moment où les ventes de disques ne sont pas au mieux... et montrer que la création sur les petits labels a encore un sens.

propos recueillis par Olivier Sibille | le 05/09/2006

Alexkid :

« Les ventes de disques se sont effondrées, les artistes deviennent de plus en plus expérimentaux et visent un public plus ciblé ou de connaisseurs. »


Photo © DR

Ce troisième album sonne beaucoup plus minimal, plus condensé. C’était une volonté délibérée au départ ?
En quelque sorte, il est vrai que je joue des choses de plus en plus électroniques en ce moment, parfois même de la techno. J'écoute beaucoup de minimale car je trouve que ça rejoint un peu l'esprit de création qu'il y avait avant dans la musique électronique et qui a disparu lors du "boom" de la house en matière de ventes. Le fait que les ventes de disques se soient effondrées fait que les artistes deviennent de plus en plus expérimentaux et visent un public plus ciblé ou de connaisseurs. Et puis les métissages acoustique/électronique, j’avais déjà donné. Cette fois, je voulais un album entièrement électronique. Sans musiciens, juste avec certaines voix sur quelques titres.

Et pourquoi avoir choisi ce titre Caracol (ndr : escargot)? Il y a un message derrière ?
Oui, il y a un message très profond! (rires) Non, je rigole, en fait il n'y en a aucun. Il n'y a pas forcement de message secret dans le titre d'un album. Dans mon cas, j'aurais du mal à expliquer le pourquoi du nom. La coquille d'un escargot me fait penser à des cycles, cycles qui ont énormément influencé la composition de cet album. Des cycles, des boucles…

Combien de temps te faut-il pour produire un tel album ? Ca été un travail plutôt solitaire ?
Oui, en très grande partie. Mis à part une des artistes avec qui j'ai travaillé (Danielle D'Ambrosio) les voix ont été enregistrées à distance, puis envoyées par le net. J'ai passé beaucoup de temps à faire et à défaire les morceaux. Garder l'essentiel mais que ce soit fourni. Une sorte de « minimale maximale », mais avec des influences de la techno de Detroit et de la house, mes premières amours.


Alexkid :

« Les disques se font à perte. Celà est énervant si on regarde le temps passé et la passion mis dans ce travail. Ce qui explique mon énervement vis-à-vis de ceux qui piratent. »


Photo © DR

Aujourd’hui, tout le monde parle de crise du disque. Les albums se vendent mal, rapportent peu. Passer autant de temps sur un disque, c’est vraiment rentable ?
Honnêtement non, si les gens au lieu de downloader sur Emule achetaient les disques, ce serait plus facile. Mais c'est une passion qui est de plus en plus difficile d'assouvir pour certains. Je préfèrerais faire plus de musique et moins de djing, mais l'un va avec l'autre et c'est vrai que je vivrais difficilement de mes seules ventes de disques, même si mes albums ont bien marché. Donc dans le cas de pas mal d'artistes les disques se font à perte. Celà est énervant si on regarde le temps passé et la passion mis dans ce travail. Ce qui explique mon énervement vis-à-vis de ceux qui piratent. C'est un manque de respect pour le travail des gens.

Ne vaut-il alors pas mieux remixer ou produire pour les autres, pour Georges Michael, Jennifer Lopez, ce que tu as fait par le passé ?
Evidemment, surtout ces deux la... si on parle d'argent ! Après, il faut savoir pourquoi on fait de la musique. Dans mon cas, je veux faire ma musique et en vivre, ce qui n'est pas toujours facile. Mais je fais ce que j'aime et j'espère pouvoir le faire encore longtemps. Il faut combiner : si Jlo ou George Michael me proposaient de faire une prod’ pour eux, je le ferais sans hésitations, pour le challenge.

On te voit de plus en plus faire le dj. C’est quelque chose qu’il a fallu apprendre ? Comment conçois-tu tes sets par rapport aux lives ? Tu préfères jouer tes propres morceaux ou cherches-tu au contraire à verser dans un registre complètement différent ?
Il n'y a pas de règles. Cela fait 8 ans que je mixe et j'ai beaucoup appris et évolué. C'est un travail différent. Ca s’est fait un peu comme ça et ça s'améliore avec l'expérience. Dans les lives, il n'y a que peu de place pour l'imprévu, on sait qu'on joue ses propres morceaux, alors qu'un dj-set se conçoit et s’improvise au contraire dans la durée. Il m'arrive de jouer certains de mes titres ou pas du tout.


Alexkid :

« Ca y est, je me prends un coup de vieux! Même si je n'ai jamais autant été inspiré et motivé que maintenant. »


Photo © DR

Tu as la chance de pas mal tourner : quelques souvenirs marquants de ces derniers temps ?
Pas un mais plusieurs. Chaque date est une découverte, où qu'elle soit. Ce que j'aime par-dessus tout c'est de pouvoir voyager, même si je ne reste que quelques heures sur place, me laissant peu de marge pour visiter les lieux. D'habitude c'est aéroport, hôtel,
restaurant, club, 3 heures de sommeil, aéroport. C'est parfois un peu frustrant, mais on arrive quand même à saisir l'essence de certaines villes et des gens. Quand j'ai de la chance, je reste un peu et je visite. Certains clubs sont incroyables et l'atmosphère y est géniale. J'adore jouer par exemple au club Week-end à Berlin, où je suis résident. Ou aux soirées « Terrassa » sur la Peniche Concorde Atlantique à Paris. Ca tombe souvent dans l'excès mais c'est drôle...

Et si on replonge 10 ans en arrière. Tu te voyais comment en 2006 ?
Wow, je ne sais pas trop ! Je pense que je me voyais plus dans un groupe, ou producteur, ce que je ferai sûrement à terme. J'adore m'impliquer dans un projet et le mener à bien. Je l'ai déjà fait sur mes albums et aussi sur ceux de certains artistes et groupes, et c'est quelque chose que je souhaiterais développer. Je ne me voyais certainement pas DJ en tout cas. Je suis content que ça fasse presque dix ans sur mon label, FCom. Ca y est, je me prends un coup de vieux! Même si je n'ai jamais autant été inspiré et motivé que maintenant. J'ai 31 ans et je me suis jamais autant amusé! C'est le meilleur âge!


Propos recueillis par Olivier Sibille
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Aller plus loin (liens) :

Lire la chronique de l’album Caracol sur musiQualité
www.alexkid.com
 

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