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CD/Disque
Amon Tobin"Foley Room"
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Toujours inspiré de sonorités étranges et envoûtantes, Amon Tobin reste fidèle à son univers industriel et mystérieux. L’artiste de Ninja Tune signe avec Foley Room un album plus conceptuel, moins accessible mais d’une richesse impressionnante et d’une intelligence rare.
Les vinyles sont restés au placard, enfin presque. Amon Tobin ne se contente plus de triturer, il fabrique. Le musicien est allé chercher, a enregistré et puis façonné certains sons de ce 7e album Foley Room. Le titre, déjà, est évocateur puisqu’il désigne le studio d’enregistrement des bruitages de film. Le musicien a décidé d’explorer les origines du son avec un brin de folie et une bonne dose de génie. A la manière des compositeurs de musique électro-acoustique, il mêlent les univers. Instruments à cordes triturés côtoient les sonorités du quotidien : un insecte sur du papier aluminium, le bruit du vent, le vrombissement d’une moto ou les rugissements d’un tigre. Ces ambiances sont ensuite mélangées, triturées.
Pour son nouveau disque, Amon Tobin s’est promené dans des lieux improbables avec son pote ingénieur et une valisette garnie de micros capteurs de tonalités étranges. Rendez-vous au sommet d’une sorte de château d’eau, dans les coulisses d’une usine de presse de CD ou dans un parc naturel. L’artiste est allé cueillir la richesse des bruits qui nous entourent pour les remanier avec virtuosité.
Et le résultat est là, comme toujours. Car Amon Tobin ne se contente pas d’animer les dance-floors. La musique, il la ressent puis la forge. Résultat : un univers unique, doux et agressif. Sobre et structuré. Une construction impeccable. Foley Room se décortique ou se laisse écouter d’une traite. Chacun des douze titres semble raconter une histoire à s’imaginer selon son inspiration ou son humeur : une fête foraine hantée et abandonnée, une forêt étrange… un rallye imaginaire sur des sentiers sinueux. Encore une fois, Amon Tobin fait rêver.
Et pour ne rien gâcher, un court documentaire accompagne le disque. Foley Room devient alors une belle aventure, un mystérieux voyage. Casquette vissée sur la tête le britannique d’origine brésilienne partage folie et exigence. Mais on voudrait en savoir plus. Alors pour prolonger le plaisir, un petit jeu… repérer sur le disque les sons enregistrés. A trouver dans le désordre : instruments désaccordés, ambiances naturelles, vrombissement d’engin à moteur ou univers industriel. Et des centaines d’autres à simplement imaginer. Au boulot !