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Anaïs "Petite escapade..."
Embarquement dans un bus à deux étage pour une petite balade dans la campagne et un concert de la jeune chanteuse, de retour à Bourges après y avoir été découverte l’an dernier.
C’est l’une des particularités du Printemps de Bourges. Chaque année, le festival délocalise certains de ses concerts. L’opération s’appelle « les escapades ». Le principe est plutôt sympathique : départ de Bourges en fin de matinée en bus à impériale, une première escale en musique pour un brunch dans un château arrosé de vins régionaux, puis une deuxième escale pour concert final en fin d’après-midi. Ce samedi 29 avril, direction le petit village de Beffes, à une centaine de kilomètres de Bourges. Le concert a lieu dans les ruines d’un site industriel du XIXème siècle, une ancienne Halle de séchage. C’est un grand bâtiment de pierre blanche, très haut de plafond, dans le coin duquel a été installé une petite scène. C’est là qu’Anaïs est programmée pour son grand retour. Découverte l’an dernier au Printemps, la marseillaise d’adoption est très attendue. Dans la salle, plusieurs centaines de spectateurs ont fait le déplacement.
Jean-basket et petit débardeur vert, la jeune femme se la joue très naturelle, comme à son habitude. Seule avec sa guitare et son sampler commandé par des pédales, elle saisit immédiatement la salle avec des tranches de vies tournées en dérision. Jouant des contrastes, tantôt douce, tantôt piquante, souvent drôle, elle se moque de tout le monde. Des mamans qui accouchent, des québécois, des rappeuses. Elle livre une parodie de musique celtique-et-cornemuse. Et se lance dans un blues délirant, en invectivant la salle en anglais à coup de « yeahhhhhh, yeahhhhhh… Eh folks, do you want me to sing the blues ?”
Un peu timide au départ, peut-être à cause du froid, la salle s’est levée et tape dans ses mains. « J’ai écrit une chanson hier soir, je vous la chante aujourd’hui. Je pense qu’elle peut marcher », lance Anaïs, goguenarde, avant de reprendre pour finir son petit tube J’aime pas les couples. La faute peut-être à un répertoire encore un peu court, le concert aura duré moins d’une heure. Dommage. Même si on se consolera un peu plus tard dans la soirée, avec un deuxième concert "sauvage" devant le Pavillon d’Auron... et une centaine de passants, surpris mais ravis.
Photos : O.S.

Olivier Sibille
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