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CD/Disque
Andrew Bird "Armchair Apocrypha"
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    Fauteuil aprocryphe. Andrew Bird doit aimer les noms d’albums bizarres. Deux ans après Mysterious production of eggs , quatre après Weather systems, le plus célèbre violoniste indé d’outre-Atlantique nous revient avec un splendide opus au nom bizarre. L’ami confirme ici son virage pop et son goût immodéré pour les volatiles.
Cher Andrew, savez-vous que chez nous, en France, nous comptons un écrivain merveilleux – mort depuis bien longtemps - Jean de La Fontaine. Tous les petits Français ont appris une de ses fables. La plus connue c’est Le corbeau et le renard. Je n’ai pas le temps de vous la raconter mais sachez qu’elle contient un vers taillé pour vous : « sans mentir, si votre ramage se rapporte à votre plumage, vous êtes le phénix des hôtes de ces bois ». Je ne dis pas ça pour vous flatter, hein – contrairement à ce rapiat de renard – mais parce que je le pense vraiment. Et je le dis d’autant plus facilement, que tous les papiers que j’ai lus sur vous s’en donnent à coeur joie sur les métaphores oise(a)euses, alors pourquoi pas moi ? Et puis avouez que vous même Monsieur Bird, vous en jouez. Il n’y a qu’a voir la pochette de votre dernier album Armchair Apocrypha. Sans parler des jolis pépiements et sifflottements qui en fourmillent comme sur Simple X par exemple. Au début, je dois vous confesser Andrew que je trouvais ça un peu excessif. Mais à réécouter votre Fauteuil Apocryphe, je ne peux que m’incliner face à votre gigantesque talent. Douze titres, douze petits bijoux. D’ailleurs, vous féliciterez aussi votre nouveau batteur Martin Dosh et Mademoiselle Haley Bonar qui par sa voix enrichit drôlement Spare-ohs. Cher ami, dans Armchairs, votre voix s’enroule avec une telle grâce autour du chasse-croisé piano/violon qu’on ne peut que vous envier ce piège à fille imparable. Dark matter dont on murmure que c’est le point culminant de l’album subjugue par ses fulgurances très rocks – auxquelles vous nous avez peu habitués. Mon coeur s’est aussi particulièrement ému de l’aérien Cataract, sublime de retenue Quoi d’autre ? ah oui bien sûr j’ai retrouvé « I » dans Imitosis : marrant ce petit clin d’oeil à Weather Systems. Bref, l’ensemble du disque arrangé par vos doigts d’orfèvre me tue. Vous nous tuez Andrew, vous nous tuez. Je ne parle même pas de Yawny at the apocalypse dernier morceau de l’album. Cet instrumental léger et solennel nous fait décoller du bitume et nous propulse haut, très haut dans le ciel. Magnifique. Et encore une fois, je ne dis pas ça pour vous flatter.
Lire l'interview d'Andrew Bird en 2005
Lucie Geffroy
Fargo Records, sortie le 20 mars 2007.
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- Site officiel |
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