"La surprise de l’été ! L’album que les filles adorent déjà…"clame le dossier de presse. Hum. Un slogan qui fait plutôt fuir, d’autant que l’on appartient à la gent féminine. Heureusement, il est aisé de passer outre. Si Walls est un disque facile d’accès qui séduira sans aucune doute les cœurs naïfs des jeunes filles en fleur, il va bien heureusement beaucoup plus loin. Déjà : Apparat, c’est pas n’importe qui. Fondateur et leader du label berlinois Shitkatapult avec T. Raumschmiere, il est également l’auteur du très remarqué Orchestra of Bubbles avec Ellen Allien (2005).
Sascha Ring, c’est son vrai nom, écoute Satie ou Bloc Party… Et ici, il a bien mélangé les styles. De l’électro oui, mais des voix aussi, des refrains et des paroles. Et voilà que le gas s’est transformé ekn homme orchestre. Car, pourquoi courir les castings désespérément en espérant dénicher le timbre parfait ? Apparat s’est fait confiance : il chante lui-même sur ce disque. Et ça marche ! Résultat : le jeune allemand produit un tube langoureux Hailin’ From The Edge et des titres que l’on mémorise : Holdon ou Arcadia où fourmillent les références pop à la Radiohead.
Sascha Ring demeure néanmoins un musicien né dans l’électronique. La voix reste parfois l’élément porteur, mais les rythmes et les sons continuent d’être exigeants. Il faut dire que le garçon fourmille d’idée et il a bossé. Secret de fabrication ? « Pour Walls, j’ai réuni les idées qui me semblaient les meilleures, environ soixante-dix titres inachevés, que j’ai ensuite retravaillé. » Walls, c’est des chansons à refrain mais aussi des histoires justes musicales. Une introduction ( Not a number) où un xylophone rythmé rencontre un violon plutôt mélancolique. Des titres très électro où l’on reconnaît l’ambiance de la scène allemande ( Fractales Pt. 1, Fractales Pt. 2 ou You Don’t Know Me), d’autres presque expérimentaux (Birds). Bref, un joli mélange musical à offrir à ceux qui sont encore réticents à la musique électronique. Et aux amateurs de trip-hop. Un disque sensible, doux, sans être niais. Vive les âmes romantiques !