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Armand Méliès, La Cigale, Paris, 12/11. |
Armand Méliès, La Cigale, Paris, 12/11. "Un tour dans la lune"
Arman Méliès a partagé l'affiche avec Tapes'n Tapes, Jarvis Cocker, et The Pipettes le 12 novembre dernier, à la Cigale. L'occasion pour le Français d'imposer sur scène son folk soyeux aux allures de bande originale.
Son nom vous dit quelque chose ? Ne cherchez pas. Méliès, son pseudonyme, est un clin d'oeil au Georges du même nom, premier cinéaste du début du XXème, aux films surréalistes et un peu magiques. Le 12 novembre, la même ambiance a plané sur la Cigale quand Arman Méliès, petit bouc et bouille lunaire, est monté sur scène. Il faut dire que son univers a quelque chose d'à part. Ancien leader du groupe Enola, passé par le hard et l'indie pop avant de se lancer en solo, il a su forgé un son bien à lui, un folk inspiré des meilleurs songwriters anglo-saxons, de Neil Young à Shannon Wright, sans jamais les imiter. Qui plus est, il chante en français. Son deuxième album, Les tortures volontaires , est sorti en mai dernier : il en a joué une bonne partie sur scène.
Ses textes expliquent pour beaucoup la lumière cinématographique qui plane sur ses morceaux. Mélancoliques, étranges, ils ne livrent jamais leur sens au premier abord. Méliès joue avec les mots, les façonne comme des galets, sculpte des rimes nostalgiques et obscures. Exemple :
« Les mandibules des caïmans n'ont plus ce sel étincelant du temps béni des colonies ». Ou encore : « Dire qu’ils ont failli connaître le fin mot de l’histoire / C’est mieux comme ça, dis-tu ».
Un joli sens de la phrase et un talent délicat pour la poésie, souligné par une guitare folk et brumeuse. Les arrangements, moins complexes sur la scène de la Cigale que sur l'album -où les instruments et samples sont plus nombreux- ont tout de même laissé une large place à la rêverie romantique et aux échos post-rock. A part quelques spectateurs dissipés, plutôt venus pour le rock doo wop de Pipettes, la majorité du public s'est laissée émouvoir par ses comptines ombragées et intemporelles. Le genre de tortures auxquelles on cède bien volontiers.
Photos: Robert Gil (www.photosconcerts.com)
Les tortures volontaires, sortie le 15 mai 2006 chez Remark Records/Warner

Aena Léo
En savoir plus :
Site officiel
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