Newsletter | Flux RSS | Agenda | Contactez-nous
Bienvenue. Dernière mise à jour le 22-11-2008
tous les jours, musiqualité.net
coupure
 
publicité
Musiqualite.net est actuellement en pause en attendant la nouvelle version
Arno (Jus de Box) "100% pur jus"

Un bazar de rock, de valse et de hip hop, de français, d’anglais et d’ostendais. Arno revient avec un trente-deuxième album foutraque à souhait, Jus de box. Après French bazaar, chanté en français, il revient à un son brut et rêche, porté par une guitare corsée et batterie très seventies. L’une des galettes les plus intenses de sa carrière. MusiQualité a rencontré le musicien de passage à Paris, quelque part dans une sublime chambre d’hôtel surplombant la capitale.

propos recueillis par Aena Léo | le 20/02/2007

Arno (Jus de Box) :

« J'ai rencontré dix-huit batteurs avant de trouver le bon. Je voulais un musicien qui joue avec son corps, pas avec sa tête. »


Photo © DR

Cet album sonne très 70’s, presque old school. Un coup de gueule contre le revival des années 1980 auquel on assiste depuis quelques années dans le rock ?
Peut-être bien que oui ! Certains groupes d’aujourd’hui ne font que refaire ce que d’autres faisaient en 1980. Quand je les écoute, je ne me dis jamais : « tiens, voilà un son que je n’ai jamais entendu. Du 100% neuf. » C’est triste ! Bien sûr, dans les années 1960, les Rolling Stones, au début, faisaient du Chuck Berry. Mais à force de travail, ils en ont fait autre chose, ils se sont approprié ce son pour en faire du neuf. Aujourd’hui, c’est différent, les groupes dépassent difficilement ce cap.

Ils sont un peu piégés dans une espèce de nostalgie musicale des années 80. Comme il y a eu, quelques années avant, une nostalgie des années 70…
Oui mais pourquoi ? Un jour, dans une chambre d’hôtel à Londres, je suis tombé sur un documentaire comparant les groupes actuels avec ceux des années 60-70. Rien à voir ! Les "anciens" jouaient avec une énergie incroyable, vraie. Ceux d’aujourd’hui ont perdu cette spontanéité. Chaque geste est calculé. C’est devenu du marketing ! Et ce n’est pas moi qui le dis, c’est le documentaire.
Heureusement, le jeune public n’est pas totalement dupe. Un jour, je ne trouvais plus certains de mes vieux disques, je commençais à soupçonner ma femme de ménage. En fait, mon fils me les avait emprunté pour les écouter en boucle ! Et dans certains bars bruxellois, les jeunes écoutent des remix de morceaux des années 60-70. Quand je leur demande pourquoi, ils me disent que c’est la musique du bonheur…

Ton album, lui, est très baroque, il ne se limite pas à une influence. Il y a du rock, de la chanson, du hip hop… On peut dire qu’il reflète la variété de ta carrière.
Je suis allé, sans calcul bien sûr, piocher dans mes « valises » tel ou tel élément plus ou moins passé, correspondant à différents genres et étapes de ma carrière, tout en mélangeant cela avec des sons d’aujourd’hui. Mais j’ai surtout essayé des construire des morceaux avec une structure binaire : couplet/refrain/couplet. C’est très dur. Je ne voulais pas simplement coller des paroles sur des riffs, je l’ai déjà fait. Et puis, j’ai pu travailler avec un vrai batteur, qui jouait avec son corps, et non sa tête. C’est rare.


Arno (Jus de Box) :

« Nous n'avons pas "nettoyé" les bandes. Je voulais garder un son brut, imparfait. Un son plus vrai. »


Photo © DR

Qu’est ce que ça change ?
Tout ! J’ai essayé dix-huit batteurs avant de trouver le bon. La plupart se cachent derrière des ordinateurs, bidouillent leur son. Celui que j’ai trouvé joue avec son corps, sa grosse caisse sonne comme une grosse caisse. J’aime que ça sonne brut. Gras. Nous n’avons pas « nettoyé » les bandes, pour garder ce son brut, imparfait. J’y tiens énormément. C’est pour ça que l’album a été vite bouclé. Je suis resté un mois au studio, cinq heures par jour, sans y venir le week-end : c’est très peu !

Dans un des titres, tu dis qu’il vaut mieux vivre avec une moche souriante qu’avec une belle chiante. L’idéal, ce n’est pas une belle souriante ?
Si, mais c’est rare ! J’en ai connu, mais elles ne sont pas restées. Et ça change vite, une belle…

Tu dis, dans un autre morceau, n’aimer ni les filles faciles, ni les filles difficiles. C’est un peu problématique. Finalement, c’est quoi l’amour pour Arno ?
L’amour, c’est trop tard pour moi. Je l’ai connu, mais pas avec une femme. Avec des gens. Avec mes enfants. Je ne me plains mais je ne suis pas amoureux. Vivre avec quelqu’un serait trop difficile dans mon cas. Je ne suis jamais chez moi. Et toi tu veux des enfants ?

Euh… Pas dans l’immédiat.
Tu es amoureuse ?

Euh… Je ne sais pas. Mais ce n’est pas moi qui dois poser les questions ?
Si. Mais tu vois, toi non plus tu ne sais pas ce que c’est l’amour. Personne ne sait. Il y a des gens en couple qui pensent aimer mais se trompent. Et puis, vivre avec quelqu’un, c’est renoncer à une part de sa liberté. Ça me pose problème.

Un de tes titres, Mourir à plusieurs, soulève un thème particulièrement d’actualité : la pollution et la catastrophe écologique qui se profile. Tu es particulièrement sensible à ces questions ?
Oui ! Nous sommes en train de mourir à plusieurs. Si on n’arrête pas la machine, les plages de Normandie seront bientôt aux portes de Paris. Et tout le monde s’en fou, ou presque.


Arno (Jus de Box) :

« Je n'ai pas de producteur, je suis mon propre patron. Je préfère garder l'argent... et prendre mes responsabilités. Si ça marche, ou pas, je ne le dois qu'à moi-même. »


Photo © Danny Willems

Penses-tu qu’une chanson peut changer le monde ?
Non.

Alors pourquoi avoir écrit cette chanson ?
J’en avais envie. Dans les années 70, tout le monde chantait Give peace a chance, de John Lennon. Ça n’a rien changé ! Moi je dresse juste un constat. Celui qu’il est minuit moins cinq. A minuit on disparaît.

Le deuxième titre de l’album, I am not into hop, avec Faf la Rage, est très surprenant. Comment est né ce morceau ?
Ma maison de disque m’a demandé de le faire. J’étais curieux, alors j’ai dit oui. Mais je n’ai jamais rencontré Faf, on a tout fait à distance, grâce aux ordinateurs. C’est assez étrange, je ne pourrais pas le faire plus souvent. Tout le monde n’aime pas ce titre, il déclenche des réactions mitigées.

C’est un morceau intéressant, qui mélange les énergies du rock et du hip hop. Ce genre t’attirait ?
Oui. Même si je ne connais pas la différence entre le rap et le hip hop.

Je crois que le rap est un genre musical inclus dans le hip hop, qui est un ensemble plus vaste représentant une culture au sens large, avec la danse, les vêtements, etc.
C’est ce que je pensais aussi, mais des américains m’ont dit que ce n’est pas ça. Pour moi, le rap, en tout cas, c’est du talking blues. Du blues parlé. J’aime ça.

Tu chantes tes morceaux en français, anglais ou ostendais. Comment choisis-tu la langue pour chacun ?
Je viens de Bruxelles, où on parle quatre langues. Je ne choisis pas la langue, elle s’impose. Quand tu dors avec un chien, tu attrapes ses puces ! Tous les titres sont inspirés de situations vécues. La langue de la situation sera celle de la chanson.

Tu n’as pas de producteur. Tu considère ces derniers comme une perte de temps ?
Avant, j’avais un producteur. Je me suis rendu compte que je pouvais faire la même chose sans lui alors je m’en suis passé. Je préfère garder l’argent pour moi ! Je suis mon propre patron. « I am the king of my ship and the sea is my kingdom », disait Shakspeare. Je suis plus heureux comme ça.

Un patron ça rend malheureux ?
Non, je ne sais pas ! Mais seul, je prends mes responsabilités. Si ça marche, ou pas, je ne le dois qu’à moi-même. Et je sais jusqu’où je peux aller. Une vache fait du lait, pas du champagne. Moi je fais du Arno, personne le sait mieux que moi.


Arno (Jus de Box) :

« Je ne comprends pas les jeunes groupes qui essaient de faire du Brassens. Il n'y pas d'énergie. Ils font des textes comme s'ils avaient 55 ans. »


Photo © Danny Willems

Tu as dit, dans une interview, que tu n’aimes pas les jeunes groupes qui essaient de faire du Brassens. Que penses-tu de ceux qui essaient de faire du Arno ?
Ce n’est pas que je les aime pas. Mais plutôt, que je ne les comprends pas. Ils font des textes comme s’ils avaient 55 ans.

Finalement, est-ce que ce n’est pas ça être vieux en musique ?
Oui. Quand on imite, il n’y a pas d’énergie. C’est comme ceux qui essaient d’être Gainsbourg… Tu vois le bazar ?

Oh oui. En 2006, un album en ton hommage est sorti, avec certains de tes morceaux interprétés par Cali ou les Têtes Raides. Honoré ?
Je ne sais pas quoi en penser. J’ai reçu l’album il y a seulement deux semaines. C’est très étrange de découvrir ses morceaux joués par les autres.

Tu t’apprêtes également à jouer dans le prochain film de Samuel Benchetrit.
Oui. Mais avant va sortir un film, Coma, où je jouerais le premier rôle.

Il parle de quoi ?
Il faut aller le voir ! Ce n’est pas facile pour moi. Je ne suis pas un acteur. J’accepte quand le réalisateur est quelqu’un à qui je tiens. Et si je suis capable de le faire. Je ne pourrais pas jouer tous les rôles.

Par exemple ?
Moi-même ! On m’a déjà demandé de jouer mon propre rôle. C’est un peu stupide, et je ne pourrais pas. D’ailleurs, interpréter son propre rôle, ce ne serait pas vraiment jouer, non ?

Arno, Jus de Box, sortie en février 2007 chez Capitol.


Propos recueillis par Aena Léo
Ecrire au rédacteur


Aller plus loin (liens) :

Le site d'Arno
Le site de Capitol
 

Recherche
Tags
Pornorama Cocoon Vanessa Paradis Daphné Yael Naim à la Boule Noire Mika Wu-Tang Clan Yann Tiersen Yael Naim Eddie Vedder Hushpuppies Cali Carla Bruni Carla Bruni Allain Leprest
Réactions

Anne le 20/02/2007 à 13:45:11
arnooooooOOOOoooOOOoooOO !

Dernières chroniques

Concours (Jeux)

Musiqualité.net est le magazine en ligne des musiques actuelles. Parution du lundi au vendredi. Tous droits réservés à Musiqualité ou ayant droits, reproduction interdite sauf exceptions (mentions légales) © 2003-2008 Association Musiqualité.net

RSS RSS Fils XML/RSS | Partenaire: The French Touch - Worketer

   
Chanson folk | Pop-Rock Indie | Electo Hip/Hop | World et Jazz | Carla Bruni | Yael Naim à la Boule Noire | Yann Tiersen | Hushpuppies | Vanessa Paradis | Allain Leprest | Daphné | Mika | Yael Naim | Cali | Cocoon | Wu-Tang Clan | Carla Bruni | Pornorama | Eddie Vedder |