| Reportage - |
Death Cab For Cutie au Trabendo (lundi 27 février) |
Death Cab For Cutie au Trabendo (lundi 27 février) "Pas de faux plan"
Adeptes d’une pop imaginative, Death Cab For Cutie, originaire de Bellingham (Seattle, WA), a effectué un stop à Paris pour la tournée du dernier album, le superbe Plans. Une belle apparition au parfum enivrant.
Ben Gibbard, avait à l’époque un projet solo. Il jeta sur une bande-son quelques titres de sa composition et intitula l’ensemble « You Can Play These Song’s Cords ». L’effet auprès du peu de personnes qui écoutèrent ses musiques fut révélateur. Il décida alors de rassembler d’autres musiciens pour donner encore plus de vie à sa musique. En 1997, le quartet indie pop Death Cab For Cutie pris forme.
Avec une voix un tantinet nasillarde, claire et en phase avec l’indie pop dégagée par le groupe, Gibbard emmène cette formation vers des sphères plus que poétiques. Ce formidable songwritter à l’envergure d’un Eliott Smith arrive à dégager une réelle aura. Un truc qui vous touche, surtout lorsqu’il entame seul sur un rappel du public « I Will Follow You Into The Dark », issue du dernier album.
Mais le mérite revient également à la créativité générale du groupe. Multi-instrumentistes pour la quasi-totalité des membres. Christopher Walla, guitariste soliste/organiste, jongle entre le piano, sa guitare et même la basse de Nick Harmer. Dans un même élan, ce dernier prend la place de Walla avec aisance. Par ailleurs, sa basse fera vibrer notre cage thoracique tout au long du concert. Gibbard, lui, révèle un réel talent, tant sur sa guitare électrique qu’acoustique, mais également en tant que pianiste, composant des mélodies certes tristes et nostalgiques, mais joliment interprétées. Celles qui vous prennent au ventre en quelques notes. Michael Schorr, actuel batteur du groupe a cette espèce de sens du rythme syncopé, jouant souvent les contretemps, aux tempos parfois jungle. Il va vite et tape fort, mais toujours avec justesse et délicatesse lorsque la mélodie est à la complainte ou à l’état d’âme.
Dans cet esprit de permutation, on notera en milieu de concert un titre où l’énergie indie pop fut éclatante. Gibbard installé sur une seconde batterie et Michael Schorr en fond de cour, baguettes en mains, nous livre un titre dans lequel nous aurions pu discerner trois thèmes musicaux différents. En réalité, l’alchimie du morceau venait de l’insertion de deux ponts somptueux dans la structure globale. Le thème originel ayant été repris avec douceur et style, dans le pur esprit Death Cab For Cutie. Un bel aveu de talent.
Avec « The New Year » en ouverture de concert, « Title And Registration », « Expo ‘86 » et « Transatlanticism » issus de l’album Transatlanticism, « Title Track » de We Have The Facts And We’re Voting Yes, « Movie Script Ending » et « Informations Travels Faster » de The Photo Album, sans oublier « Crooked Teeth » bourré de peps et « Brothers On A Hotel Bed » pur et intense de Plans, un belle part de la discographie a été couverte. De quoi satisfaire nos attentes pour un des rares concerts de ce combo en France.
Dernier disque paru: Death Cab For Cutie, "Plans", Barsuk Records/Atlantic/Warner, 2005.

Nicolas Maquestiaux
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Warner
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