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Les Nuits Secrètes, édition 2006 |
Les Nuits Secrètes, édition 2006 "Ouïes secrètes"
Les Nuits Secrètes est un festival décidément hors-norme. Quand certains envahissent des hippodromes, des parcs ou des lieux de renommée mondiale, d’autres colonisent tout simplement un centre-ville. Tout simplement … ?
Aulnoyes-Aymeries nous a donc ouvert grand ses bras pour ces trois jours de folie douce à travers ses rues et ses environs. The Clerks, combo français aux influences outre-manche, notamment dans la voix du chanteur qui rappelle celle du leader de Placebo, est l'un des premiers à ouvrir le bal. Le public est encore timide, peu de gens se pressent aux crash barrières et le groupe n’arrive pas à réchauffer l’atmosphère. On retient surtout le rythme de basse, très entêtant.
Les Lillois de Gomm (photo) nous entraînent ensuite dans leur rock electro. Ce ne sont plus des néophytes, on les a vus, entre autres, en première partie de Placebo à Arras, à Solidays … Ils assurent et nous claquent parfaitement leurs riffs sur lesquels la chanteuse se défoule en anglais, en français ou en allemand et au clavier. On ressent une véritable évolution dans leur musique, qui s’inscrit maintenant plus dans le rock que l’électro, avec moins de riffs répétés et des rythmes de batterie impressionnants, comme un hymne guerrier. Ce qui n’est pas sans rappeler le dernier album de Muse.
Ce sont ensuite les Canadiens de Islands (photo), débarquant d’une autre planète, qui nous épatent. Ces sept dégénérés de la musique ont des idées à revendre. On trouve sur scène les instrument habituels d’un groupe de rock, accompagnés de deux violons hystériques. Habillés tout de blanc, ils assument leur originalité
On attend ensuite impatiemment la muse An Pierlé. Encadrée par le White Velvet, on n’a d’yeux que pour elle, on la dévore durant tout son show. Tout d’abord installée devant un piano, assise sur une boule en plastique, elle commence tout doucement. Elle pose sa voix délicieuse sur ses notes de piano. Puis, au fur et à mesure qu’évolue le spectacle, elle se libère, elle se lâche. Elle attrape tout d’abord l’accordéon, se déchaîne sur scène, pinçant les fesses de son technicien, sautant à pied joints sur les touches du piano, et nous suggérant de dormir nus sous la tente ce soir pour avoir plus chaud …
Le seul point commun qui unit An Pierlé et le groupe suivant, Liars, est la folie sur scène, bien que le degré soit différent.
Liars … Que dire des Liars? Le chanteur est complètement dément, c’est une chose. Il arrive sur scène, bien habillé dans son costume trois pièces, mais ce n’est qu’illusion, ce musicien est fou ( quel musicien digne de ce nom ne l’est pas me direz-vous?). Leur musique peut être qualifiée d’expérimentale, il n’y a pas de mélodie à suivre ou d’air récurrent, simplement des sons saturés et stridents sortant de leur instruments.
Le jour suivant, on entame les festivités avec David Walters, seul sur scène avec sa guitare et ses pédales d’effet. On ne peut s’empêcher d’entendre Ben Harper dans ses influences mais, étant un rien ennuyeux, difficile d’accrocher à sa musique. Il est bon musicalement mais a besoin de plus de charisme, de plus de peps sur scène.
Vient ensuite Datarock (photo). Ces trois Norvégiens paraissent intéressant avec leurs premières chansons mais on tombe vite dans la répétition. La voix du chanteur est trop monotone est les riffs trop semblables pour être remarquables.
Par contre, Senor Coconut and his Orchestra saura réveiller le public et le faire danser !! On a droit à un orchestre, qui nous fait sauter sur un chachacha, et qui reprend des titres ultra connu à la sauce cubaine comme Smoke on the Water.
Les Américain de TV on the Radio, après, ont décidément un charisme terrible. A peine lâché leurs premiers accords, la foule est conquise. Malheureusement, je ne peux assister à plus de trois chansons car j’ai rendez-vous avec un parcours secret !
Alors, à 00h30, départ en bus. Le principe des parcours secrets est que l’on ne sait rien de ce que l’on va voir, on ne connaît pas l’endroit où cela va se passer. La seule chose indiquée sur mon billet était que cela était interdit au moins de 18ans ! Hum, hum…
Le trajet dur environ quinze minutes à travers les environs d’Aulnoyes. On arrive devant une bâtisse en brique assez simple, puis on pénètre dans une pièce étroite. En face de nous se trouve un homme assis sur un tabouret, avec une guitare, baigné de lumière verte. Il joue quelques morceaux, accompagné d’effets divers et variés, comme trompette, batterie, sons étranges et indéfinissables … Il semble parfois sorti d’outre tombe, avec sa lumière, sa fumée, ses effets … Il pourrait presque être effrayant !
Après vingt minutes de guitare, on passe ensuite dans une autre pièce, plongée dans le noir. On a droit ici à une performance humaine (Cafard Now par Friquet/Boussiron). Deux hommes et une femme semblent nous faire l’apologie de la violence, un homme tapant comme un dingue sur des pièces de métal, hurlant dans un micro, l’autre homme crachant par terre et la femme dévétue se recouvrant le corps de noir … Il est difficile de juger la qualité de ce genre de présentation, car complexe à analyser. Mais, l’ensemble des images et des sons donne un assez bon ensemble, une unité assez étrange, entre le dérangeant, l’intriguant, le magnifique.
Le troisième et dernier jour nous permet de découvrir Mademoiselle K, une agréable surprise, entre chansons à texte, jeux de mots, voix suave et délicate, sur un rythme rock simple et agréable.
Les Français de Zoé ont du mal à convaincre en revanche, peut-être trop sûrs d’eux, voulant se donner une allure trop professionnelle. Ils assurent musicalement mais c’est du déjà vu, vu et revu !
Curry and Coco sont très spéciaux, avec des sons electro sortant de nulle part. On a quand même du mal à accrocher, manque d’originalité et de différence dans leur set.
Durant tous le festival, on peut également profiter des talents de Bob Log III, Scott H Biram, et de Cool Kleps, qui se déplacent à travers la ville grâce au "Tractor Blues". Les Français de Les Ramones sillonnent même la ville sur leur Harley et font hurler les amplis.
La folie semble vraiment avoir gagné tout le monde et on ne ressort pas indemne de ce festival.
Il est intéressant de remarquer la liberté donnée ici. On fait la fête en pleine ville jusqu’à 6h du matin, on peut assister à des concerts d'artistes de renommée mondiale gratuitement (Wampas, Amadou et Mariam ou encore Urban Dance Squad également sur la grande scène) … Ce festival est innovant et unique de par la confiance qu’il donne à son public.
Tout était au rendez-vous pour cette édition, les groupes qui réveillent, ceux qui bercent, les découvertes personnelles et la bonne ambiance. Que peut-on regretter ? Que ça ne dure pas plus longtemps ! Pardon, vous dites ? Ah ? Il pleuvait ? je n’avais pas remarqué …
Crédits photos: Julien Cottineau (1), Laurent Guizard (www.laurentguizard.com) (2), Polly B. (3).

Polly B.
En savoir plus :
Site du festival
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