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CD/Disque
Clap Your Hands Say Yeah! "Clap Your Hands Say Yeah!"
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    Le premier album des New Yorkais de Clap Your Hands Say Yeah, l'un des plus gros buzz de l'année 2005, sort enfin dans les bacs. Autopsie à vif d'un disque qui n'a pas fini de gigoter.
On distingue, en gros, deux catégories d’amateurs de rock, les calmes et les agités. Je déteste les agités. Clap Your Hands Say Yeah! ne m’a pas fait changer d’avis. Son écoute prolongée s’est pourtant avérée fiévreuse et grelottante comme un pain de glace plongé dans un jacuzzi débordant d’échangistes. Mais je suis resté parfaitement straight. En fait, il s’agit du meilleur album de musique débraillée qu’il m’ait été donné d’écouter depuis que je suis tombé, l’année dernière, sur la réédition de « Press Color » de Lizzy Mercier Descloux et de « Buy » des Contorsions. J’ai entendu parler de CYHSY il y a plusieurs mois dans un blog écrit par quatre filles (http://www.luciennedupinket.net/bitegirlz) qui cause de tout un tas de trucs – bars, soirées, disques, sextoys. J’avais donc téléchargé deux titres sur leur site (www.clapyourhandssayyeah.com). C’était chouette et j’attendais de voir venir. Malgré son nom, Clap Your Hands Say Yeah! n’était pas tyrannique. Seulement impératif. C’était supportable. J’ai donc acheté leur disque la semaine dernière.
Tout a commencé assez simplement. Je fumais des clopes à la fenêtre en regardant les jardiniers de la ville de Thionville dézinguer les arbres de l’avenue du général de Gaulle. Je veux dire qu’ils taillaient les branches. C’était le spectacle qu’il me fallait. Ils crânaient à cinq mètres de hauteur. Ils se faisaient des blagues et sifflaient les filles. C’étaient des caïds, de VRAIS cracks. Bref, je broutais l’ennui en attendant de rentrer à Paris. Je me suis décidé à passer un disque parce qu’on sait jamais. C’était Clap Your Hands Say Yeah. La plupart des disques ne sont même pas distrayants ou quoi. Ils sont juste franchement emmerdants. CYHSY donne le sentiment qu’un truc ou deux sont encore possibles. Le groupe de Brooklyn n’en fait pas trop. Et ils sont crédibles. C’est une musique mesurée. Ca commence par un comptine clownesque intitulée « Clap Your Hands ! », puis s’enchaînent des compositions tendues mais pas vicieuses, qui font successivement penser à Television et à Joy Division repeints en couleur flashy. La voix d’Alec Ounsworth s’étire en longs bâillements. Il geint, marmonne, joue au type qui s’emmerde, finit par donner de la voix. Sans oublier le bassiste. C’est sans doute l’intello du groupe, ça s’entend. La musique (se) repose sur lui. On ne s’attend jamais trop à ce qu’il va jouer. C’est simple, presque enfantin, mais vous comme moi ne l’avons pas inventé – nous savons pourquoi. Enfin le son. Franchement singulier. CYHSY possède son identité. Le mérite revient sans doute à Adam Lasus, le producteur qui a bossé notamment avec PJ Harvey, Versus et Madder Rose.
Avec CYHSY, le pire était pourtant à craindre. Je parle du buzz. On a rarement droit au meilleur (The Yeah Yeah Yeahs). Le plus souvent à la déception. Comme avec les Arctic Monkeys, un groupe honnête, mais pas franchement dingue, pour peu qu’on passe un album des « Gang of Four » qu’ils ont dû écouter en boucle. Faut reconnaître que les lycéens pompent sévère et avec talent sur le punk funk underground de la fin des 70’s. CYHSY s’avère plus singulier.
Etienne Lorettu
Clap Your Hands Say Yeah!, "Clap Your Hands Say Yeah!", Wichita/V2, sortie le 17 janvier 2006.
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- Site officiel
- V2 |
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