Avec un nouvel album de Air, on est rarement déçu. Mais on a peu de chances d’être surpris. Pas du genre à se dire "wouah mortel !". Ni à sauter au plafond en poussant des cris hystériques et à monter le volume de la chaine à fond. Non. Air, c’est en quelque sorte la retenue incarnée. Des manières un peu précieuses. Un dandysme électro soigneusement entretenu.
Avec le temps, Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin ont acquis une stature internationale. Leur duo est maintenant une marque reconnue. Il est loin le temps des premiers bricolages de la french-touch, il y a dix ans. Aujourd’hui, Air écrit pour Charlotte Gainsbourg (5 :55), compose des BO pour la réalisatrice Sofia Coppola (Virgin suicide, Lost in translation) et le chorégraphe Andrej Preljocaj, remixe Depeche mode et David Bowie. Bref, un quotidien de rock-star plus que de rat de home-studio.
Leur musique, pourtant, a peu changé. Pour ce nouvel album, la même recette à base de nappes planantes et raffinées a été utilisée. On retrouve harpe, sons cristallins et habillages habiles. On note tout de même une incursion – très timide - côté folk, avec guitares, piano, basse et batterie. Le résultat est très propre, impeccable. Très lisse aussi diront les plus critiques. Attention : pas d’arrière pensée négative ici. Ce disque est plutôt bon. Simplement, on aurait aimé un peu plus de risque, de renouvellement. Car les morceaux s’enchainent, on écoute d’une oreille, puis plus du tout. On se laisse bercer… et on ne n’aperçoit même pas que le disque est fini. A trop cultiver la légèreté, Air prend le risque d’endormir...