Bobby Hebb c’est avant tout Sunny, magnifique chanson optimiste écrite en 1963 dans une période où l’Amérique pleure son président assassiné et Bobby son frère Hebb poignardé à la sortie d’une boite de Nasheville. Depuis, ce titre a fait le tour du monde, vendu à des millions d’exemplaires et repris par des artistes tels Frank Sinatra, Duke Ellington, Ella Fitzgerald ou bien encore James Brown. Né en 1938 de parents musiciens tous les deux aveugles, Bobby a vécu une carrière faite de rencontres et d’expériences diverses comme avec les Beatles qu’il accompagna lors d’une de leur tournée américaine. Il est également l’auteur de grands succès de la black music tels A Satisfied Mind composé en 1966 et Love Me en1967.
Après 35 ans d’absence (!) dans les studios d’enregistrement, il revient avec ce nouvel album (le précédent étant Love Games produit par Epic Records en 1970). Le ton est résolument funky mais reste inscrit dans le jazz loin des Tower of power ou autres George Clinton. La reprise de son tube Sunny en duo avec Astrid North revisite l’atmosphère de cette chanson en lui retirant toute pointe mélancolique. Le reste de l’album est dans la droite ligne de la tradition rythm & blues. La batterie est rapide, les sessions de cuivres perçantes et les claviers toujours très blues comme l’orgue de When love goes wrong. A 68 ans, ce doyen de la soul n’a rien perdu de son énergie et de sa créativité. Bobby est en tournée en ce moment en Allemagne et passera certainement par Paris pour quelques dates... nous le suivrons de près !