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La Nuit Parisienne de Louise Attaque

La Nuit Parisienne de Louise Attaque "Paname pas banal"


Si le parisianisme est un snobisme, alors la deuxième édition des Nuits parisiennes, organisée par Louise Attaque, portait mal son nom : simplicité et bonne franquette étaient plutôt les mots clefs de ce festival organisé à Bercy le 29 novembre.

par Gabriel Grésillon | le 05/12/2006

La Nuit Parisienne de Louise Attaque La décontraction, bien sûr, n’a pas que des bons côtés. Difficile, par exemple, de se repérer entre les différentes scènes qui se partageaient le public du palais omnisport. Une vague feuille blanche géante, avec le nom de la scène écrit au marqueur –ambiance soirée étudiante, en plus cher. Et il fallait beaucoup de persévérance pour dénicher la salle Marcel Cerdan, où devaient officier quelques stars de la soirée.
Ces petits contre-temps mis à part, la bonne ambiance était communicative. De Ludo Pin, sympathique néophyte de la chanson « à texte » de Tétard , plus rock, rien de révolutionnaire, mais de la bonne humeur. Et beaucoup d’efficacité chez Tétard : dédoubler les tempos reste le meilleur moyen de donner le sourire à deux cents personnes en les faisant se trémousser frénétiquement. Dommage pour ceux qui auraient voulu comprendre les paroles ; l’acoustique du lieu n’était manifestement pas conçue pour –mais fallait-il s’attendre à autre chose, sachant que la scène était installée dans la zone d’accès à la « vraie » salle de concert, coincée entre un stand de t-shirts et un autre de bières pression ?
Côté « vraie salle », justement, place au grand spectacle. C’est là que les Louise Attaque , rassembleurs d’un soir, ont officié, dans un show parfaitement rodé -trop ?. Une salle comble reprenait en chœur les tubes du groupe, qui avaient le mérite de ne pas coller totalement aux versions albums. Mais Gaétan Roussel et sa troupe pouvaient dire merci à leurs prédécesseurs sur la même scène, les Violent Femmes.

La Nuit Parisienne de Louise Attaque Ce groupe inconnu des trentenaires mais qui avait fait vibrer une partie de leurs aîné(e)s venait de prouver que c’est avec les vieilles marmites qu’on fait les meilleures recettes. Qu’importent les calvities, pourvu qu’il y ait l’ivresse de jouer ! Des ambiances de vieux motel américain, entre nostalgie et joie de vivre, portées par quelques polyphonies vocales parfaitement maîtrisées. Tierces et violons à tue-tête. « Yiiiiiihah ! » hurle une bande de copains, dansant en cercles, s’imaginant quelque part dans un saloon
enfumé. Energie communicative. We like american music, chantent les Violent Femmes. Manifestement, le public aussi.
Mais c’est du côté de la salle Marcel Cerdan qu’a eu lieu le concert le plus rafraîchissant. Pas en tout début de soirée : les ESG, groupe de femmes new-yorkaises connues pour avoir fait un tube dans les années 1980, est parvenu à compenser assez correctement son piètre niveau instrumental par une pêche sur scène communicative, et un sens du groove parfois intact -parfois. Mais les morceaux à deux notes à la basse ont forcément quelque chose de lassant. Même quand la batteuse déploie tout son talent pour maintenir la transe intacte, et quand la chanteuse ondule son corps dans des mouvements lascifs, susurrant des paroles sexuelles qui font bien rire l’auditoire.
Après cette mise en bouche, la salle Marcel Cerdan était dans sous états pour accueillir le collectif de DJ Birdy Nam Nam. Quatre garçons côte à côte, qui présentent le sérieux avantage de communiquer entre eux, et d’interagir avec le public. Un spectacle où l’on comprend ce qu’on entend, puisqu’un des membres nous explique toujours lequel des quatre est en train d’entamer un solo de guitare (donc de s’acharner sur un vinyle contenant un sample de guitare). Non seulement ça fait beaucoup de bien aux oreilles, mais en plus c’est bon enfant et ça ne se prend pas au sérieux, comme en témoigne le « Bercy beaucoup » lâché par le plus rigolard des quatre. Un bide, et ça repart…

La Nuit Parisienne de Louise Attaque Idem quand une boucle prévue par les musiciens ne vient pas : on le dit à la fin du morceau, pardon, c’était prévu autrement, la prochaine fois on fera mieux.
C’est pourtant déjà très bien. Au milieu du set, un quatuor de « vrais » musiciens débarquent. Basse, batterie, clavier, congas : le mélange des deux genres donne quelque chose d’unique. L’espace d’un instant, le bassiste semble nous emmener aux championnats du monde de slap. Mais le mix de ces univers sonores, auquel un clavier en mode « R2D2 » ajoute un peu plus d’étrangeté, est de loin l’expérience musicale la plus motivante de la soirée. Merci Birdy Nam Nam ! Et donc, merci Louise Attaque !

Photo Birdy Nam Nam : Crédit Yannick Perrin.

Gabriel Grésillon
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En savoir plus :
Le site de Louise Attaque
Le site de Violent Femmes

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