| Reportage - |
Pearl Jam live à Paris |
Pearl Jam live à Paris "Still Alive !"
Le dernier survivant des grands de la scène grunge de Seattle est revenu sur le Vieux continent après six ans d'absence des scènes européennes. Connu pour ses prestations scéniques, Pearl Jam a encore une fois prouvé son amour de la scène et son plaisir communicatif. Resté au plus près des racines du rock’n roll le groupe a livré, lundi 11 septembre à Bercy, un set rageur, explosif mais surtout empreint d’humanisme et de générosité.
L’attente a été longue. Six ans ! Depuis l’incident tragique du Roskilde festival au Danemark le 30 juin 2000 où neuf fans sont mort étouffées dans la foule pendant leur prestation. Profondément marqué, Pearl Jam n’était jamais revenu depuis. Sécurité renforcée, avec un couloir au milieu de la fosse et son bataillon de vigiles distribuant eau à volonté afin d’éviter tout risque de bousculade, le groupe tient désormais à protéger son public. Eddie Vedder (leader et chanteur) scande même « be safe » en début de set. Un engagement exemplaire vis à vis de leurs fans et loin d’être étonnant. De fait, Pearl Jam a toujours été un groupe militant et prône un rock éclairé. Parmi leurs combats qu’ils ne prennent jamais à la légère, on compte notamment la lutte contre le réchauffement de la planète ou le droit à l’avortement.
Hasard du calendrier, ce lundi 11 septembre le monde entier commémore le cinquième anniversaire des attentats du World Trade Center… Au vu de leur conscience politique, on s’attendait à une réaction. Chose faite. En français dans le texte, Eddie Vedder revient sur la célèbre déclaration de la presse hexagonale « nous sommes tous des Américains » et nous remercie pour ce témoignage de compassion. Sans oublier de fustiger son gouvernement avec ce « President Bush, leave the world alone » sur la reprise d’Another brick in the wall de Pink Floyd. Il marque le coup, délicatement, sans trop en rajouter. A l’image de ce qu’il donne sur scène. Ouvert aux autres et profondément chaleureux, il s’adresse au public tout du long avec respect et l’évidente volonté de nous faire plaisir, créant ainsi une communion fraternelle émouvante.
En près de deux heures de concert, Pearl Jam déploie une prestation puissante et délivre un de ses meilleurs set lists. Revenant sur les titres phares de leurs premiers albums tels que Animal, Dissident ou Not for you. Ils ne manquent absolument pas les incontournables Daughter, Even flow et Black, tour à tour émouvant, mémorable et lumineux. Leur dernier disque n’étant pas en reste en matière d‘énergie sauvage, les morceaux World wide suicide, Life wasted ou Unemployable permettent de garder le rythme. Tout en préservant une intimité profonde et hors du commun dans une salle aussi grande.
A bloc, le public est prêt pour deux rappels comme à l’accoutumé très soignés. Rien ne manque. Un Reaviewmirror délicieusement furieux, Do the evolution aux réminiscences de The Who, toujours aussi rock’n roll, et surtout Alive, rageur à souhait. La tension à son maximum, la salle transportée et en pleine lumière, ils parachèvent la fusion avec la reprise de Rockin for a free world de Neil Young et le rituel morceau Yellow ledbetter.
Depuis maintenant plus de quinze ans Pearl Jam distille son rock pur et chaleureux. Après avoir fait partie de la scène grunge aujourd’hui disparue, la formation a cultivé son identité contestataire en allant puiser dans les racines mêmes du rock. Leur musique s’adresse à la fois aux tripes, à la tête et au cœur. L’énergie scénique du groupe avec la présence chamanique d’Eddie Vedder, les solos inspirés du guitariste Mike McCready et leur parfaite complicité (le line up n’a quasiment jamais bougé) font de Pearl Jam un groupe immense. Définitivement culte.
Crédit photos: Robert Gil (voir toutes ses photos)

Caroline d'Avout et Julien Cottineau
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