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Belle & Sebastian |
Belle & Sebastian "La maturité leur va si bien"
Depuis 1996, les Ecossais enchaînent les albums propres et mélancoliques s’entichant des colonies de fans chez les étudiants sensibles et romantiques. 2006, Belle and Sebastian opère une mue avec un The life pursuit nettement plus groovy et catchy. Sur la scène du Fort, offrant un melting pot de ses vieux et nouveaux tubes, la troupe se lâche et fait plaisir à voir.
Le public est déjà bien échauffé et passablement déridé (la faute aux Pipettes et à leur set yéyé bien ficelé) quand Belle & Sebastian fait son entrée sur scène. Tout de suite, Stuart Murdoch (chanteur-guitariste) prend le relais en lançant un puissant : « Do you like to dance ? ». Après quelques morceaux première période – ces fameuses balades au miel qu’on aime à se repasser en boucle dans nos coups de déprime – le groupe plonge à pieds joints dans le nouveau répertoire pop seventies de The life pursuit.
Visiblement, Stuart Murdoch a la forme. Il se déhanche comme un fou, se promène dans la fosse, invite le public à frapper dans les mains, manque de glisser sur scène, fait tomber son micro, invite une fille sur scène, etc. En face, le public jubile. Musicalement, la troupe assure. Violons, batterie, violoncelle, clavier, tout s’accorde à merveille. Le son est parfait. C’est très pro. Ça roule.
L’accolyte Stevie Jackson n’est pas en reste. Pour preuve, sa chorégraphie bizarre et presque enfantine qui aurait pu s’intituler « mambo robotique autour d’un melodica » : pendant cinq bonnes minutes le monsieur (habillé en costume) gesticule avec son mélodica dans la main, semblant à la fois fier et amoureux de son instrument.
Bien sûr, pour les puristes et nostalgiques de Tigermilk, If you’re feeling sinister ou The boy with the Arab strap, le show peut paraître un peu exaspérant. Mais avouons que c’est quand même plutôt sympathique de voir ces anciens grands timides passer les Kinks, Stevie Wonder et Queen à la moulinette et nous sortir une pop claire et moderne, sans fausse note.
Le groupe semble en fait bien assumer sa nouvelle maturité depuis qu’il a changé de crèmerie en signant chez Rough Trade et perdu son co-fondateur, Stuart David, et sa chanteuse Isobel Campbell (en concert dimanche après-midi au Palais du Grand Large à Saint-Malo).
En guise de rappel, le groupe nous offre un merveilleux Judy and the dreams of horses, jolie berceuse du bon vieux temps et transition parfaite avant l'entrée en scène des délices félins de la belle Chan Marshall (Cat Power).
Crédit photos: Laurent Guizard (www.laurentguizard.com).

Lucie Offredo
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