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La Route du Rock "Les interviews"
The Wedding Present, Metric, Maxïmo Park, Sébastien Schuller, Colder, The Raveonettes et Vive La Fête avaient pris le temps de répondre cet été à notre questionnaire "Cinq minutes au bar" lors de leur passage cet été à la Route du Rock. Bref retour vers la chaleur des festivals.
THE WEDDING PRESENT – David Gedge (voix, guitare)
Si vous avez le temps, qui irez-vous voir jouer?
The Organ. Elles ont ouvert pour nous en Amérique du Nord et sont devenues des amies. Et c’est un très bon groupe. Mais comme on doit partir dès demain, on n’aura pas l’occasion de les voir ici.
Votre meilleur souvenir en festival ?
Il y a à peu près dix ans, nous avions joué aux Transmusicales de Rennes avec Television. C’était vraiment chouette. C’est toujours délicat de jouer en festival parce que tu ne peux pas tout contrôler comme lors d’une date habituelle. Et les gens ne viennent pas forcément pour toi. Mais là, le public s’est totalement rassemblé et a été vraiment fantastique.
Votre meilleur souvenir en festival en tant que spectateur ?
The Pixies au festival de Reading (Royaume-Uni, ndlr), au début des années 90. Avant eux jouaient les Inspiral Carpets, avec plein d’effets spéciaux, des danseuses, des majorettes avec des tambours. Les Pixies, eux, sont arrivés sans rien. Juste quatre personnes qui jouaient du super bon rock’n’roll. Et ils n’avaient besoin de rien d’autre.
Votre plus grosse galère en festival ?
Je me suis fait giflé par Courtney Love ! C’était en backstage, et elle discutait avec un de mes amis, un journaliste, lequel savait que j’étais un grand fan. Il m’a donc présenté. Et pour amorcer la discussion je lui demandé comment allait Steve Albini (producteur et musicien majeur de la scène indie américaine) et elle m’a giflé direct ! En fait, je crois qu’à l’époque elle avait un sacré différent avec lui et qu’elle ne supportait plus qu’on lui parle d’Albini. Elle était aussi un peu bourrée, je crois ! (rires)
crédit photo: Nathalie Genet
MAXÏMO PARK – Lukas Wooller (claviers, voix), Tom English (batterie), Archis Tiku (base)
Si vous avez le temps, qui irez-vous voir jouer?
Tom : Sonic Youth !
Lukas : Ouais, et Boom Bip aussi.
Archis : Surtout Sonic Youth pour moi.
Votre meilleur souvenir en festival ?
Tom : Il y a quinze jours au Fuji Rock Festival (Japon, ndlr). On n’avait jamais joué devant un public aussi nombreux et on était un peu effrayé, mais c’était génial. Tellement grand !
Lukas : Et ils connaissaient tous les morceaux, les paroles. Du coup on était super content de jouer et eux vraiment enthousiastes.
Votre meilleur souvenir en festival en tant que spectateur ?
Lukas : C’était ici à la Route du Rock pour le concert des Avalanches (en 2001, ndlr). Je n’aimais pas leur album mais sur scène j’ai été soufflé ! Ils ont
mis le feu, c’était vraiment inattendu. C’est le genre de concert, où sur le moment, tu te dis « ok ! Je vais les rejoindre direct dans le groupe ! ».
Tom : Pour moi, c’est l’unique fois où j’ai vu les Pixies, l’an dernier au T in the Park (Glasgow, ndlr). C’est fou comment ils parviennent à retrouver le son des albums sur scène. C’était impressionnant.
Archis : Les Sonic Youth ont joué le même jour que nous au Rock Am Ring cette année (Nürburgring, Allemagne, ndlr), et c’était un régal, tellement mélodique.
Votre plus grosse galère en festival ?
Tom : Rien ne va jamais de travers lors d’un concert de Maxïmo Park ! (rires)
Lukas : L’autre jour, une fusée a été lancée en plein milieu de la foule.
Tom : C’était pas une ambulance ?
Lukas : Non, ça c’était après ! On venait juste de finir un morceau et soudain la foule s’est séparée en deux, et une ambulance est arrivée peu après. Le temps qu’ils évacuent, nous n’avons évidemment pas joué, mais surtout on ne pouvait pas vraiment faire de blague sur scène, on ne savait pas si c’était grave.
crédit photo: Nathalie Genet
SEBASTIEN SCHULLER
Si vous avez le temps, qui irez-vous voir jouer?
Hier ça compte ? Parce que j’ai assisté au concert d’Animal Collective hier et c’était génial ! Je les avais déjà vus en concert, eux et leur projet parallèle. C’est de la super performance scénique, et c’est vraiment intéressant de voir un projet aussi créatif.
Votre meilleur souvenir en festival ?
Aux Botaniques à Bruxelles, et aussi au Feedback (Paris) et à Paris-Plage cet été. C’étaient de bons concerts musicalement. A Montreux on avait eu des galères de son mais c’est un telle jolie ville et un tel festival ! Avec un peu de chance, je pourrais
ajouter la Route du Rock à cette liste.
Votre meilleur souvenir en festival en tant que spectateur ?
Je n’en ai pas fait des masses. A vrai dire, Animal Collective, ici, hier.
Votre plus grosse galère en festival ?
Ce sont souvent des galères de son, de problèmes de retour où on ne s’entend plus, et ça devient compliqué alors que la communication est déjà complexe sur scène. Mais je n’ai pas de souvenir précis.
THE RAVEONETTES - Sune Rose Wagner (voix, guitare) et Sharin Foo (voix, guitare)
Si vous avez le temps, qui irez-vous voir jouer?
Sune : The Cure ! Priorité !
Sharin : ! ! ! aussi, je ne les ai jamais vus. Et nous avons du temps libre après notre concert.
Sune : Robert Smith nous reconnaîtra peut-être, on l’avait rencontré à l’after show d’un concert de Swan.
Sharin : C’est vraiment un mec gentil. J’espère qu’ils joueront « Just Like Heaven » ce soir.
Votre meilleur souvenir en festival ?
Sune : Probablement le Fuji Rock festival. C’était une sacré expérience ! Pour notre première tournée au Japon, les gens étaient vraiment dedans. On a joué sous une gigantesque tente où une foule délirante 10000 personnes s’était massée !
Sharin : Notre concert au Roskilde festival (Danemark, ndlr) reste aussi un très beau souvenir. Bon c’est sentimental puisque j’y vais chaque année depuis mon adolescence, mais là j’étais sur scène et j’ai enfin senti de l’autre côté cette électricité dans l’air.
Votre meilleur souvenir en festival en tant que spectateur ?
Sune : Je dirais Primal Scream à Reading ou non au Primavera de Barcelone, avec les Pixies. En même temps, il y a tellement de supers bons concerts.
Sharin : Nirvana également. En fait, ce n’est pas seulement la musique mais aussi les gens avec qui tu es, le moment, le « vibe », qui fait qu’un concert est
génial.
Votre plus grosse galère en festival ?
Sune : La première fois que l’on était programmé à Glastonbury. Notre matos n’est jamais arrivé ! C’était vraiment triste. Nous étions là, frais, prêts et vraiment enthousiastes mais notre matériel est resté coincé avec le camion sur la route et on a dû annuler. C’est vraiment difficile car Glastonbury est vraiment le genre d’énorme festival référence où tu rêves de pouvoir jouer depuis des années.
Sharin : On est rentré direct à la maison pour se morfondre une semaine entière.
Sune : On a finalement réussi à jouer à Glastonbury l’année d’après !
crédit photo: Nathalie Genet
METRIC – James Shaw (guitare), Emily Haines (voix, claviers), Joules Scott-Key (batterie), Joshua Windstead (basse)
Si vous avez le temps, qui irez-vous voir jouer?
Joules : Sonic Youth !
James : bah oui, évidemment.
Joules : Mais j’irais voir aussi The Polyphonic Spree.
Votre meilleur souvenir en festival ?
Emily : L’Hempfest à Seattle avec les Franz Ferdinand et les Yeah Yeah Yeahs.
James : Ou alors l’Olympic Island à Toronto avec Modest Mouse et Broken Social Scene.
Votre meilleur souvenir en festival en tant que spectateur ?
James : The Pixies et Radiohead à Coachella en 2004.
Joshua : J’avais vu Jane’s Addiction au premier Lollapalooza, c’était extraordinaire. La scène ressemblait à une œuvre d’art, pleine de couleurs, il y avait des gens avec du feu leur sortant de la tête, c’était complètement barge et bordélique mais super beau.
Votre plus grosse galère en festival ?
Joules : Quand j’ai reçu un texto de ma copine m’annonçant qu’elle était enceinte ! (rires), Non, je rigole !
James : Lors d’un concert au Werchter festival (Belgique, ndlr), je me suis retrouvé devant la scène et je suis monté sur l’une des enceintes de retours. Mais le retour s’est renversé et je suis tombé dans la fosse ! Un type de la sécurité m’a rattrapé et m’a hissé sur la scène dans ses bras, avec 10000 personnes qui gueulaient « YEAHHHH » !
COLDER – Marc Nguyen Tan (voix, claviers)
Si vous avez le temps, qui irez-vous voir jouer?
Je vais avoir le temps et vais aller voir ! ! !, et The Cure quand même.
Votre meilleur souvenir en festival ?
Primavera à Barcelone, l’an dernier. Je trouvais déjà qu’il y régnait une super bonne ambiance et là c’était une très bonne soirée. Il y a un truc en Espagne, de l’enthousiasme par rapport à la musique live. Il y avait un beau plateau, de Devendra Banhart à ! ! !, et nous au milieu. D’habitude, le public en festival n’est jamais en adéquation avec notre musique, mais là si.
Votre meilleur souvenir en festival en tant que spectateur ?
Toujours au Primavera l’an dernier, pour une session de Ticky Man, du dub hypnotique, lors d’un soundsystem de trois-quatre heures.
Votre plus grosse galère en festival ?
Y’en a tellement ! On est quand même un petit groupe donc on part souvent dans des conditions à l’arrache. La plus galère c’était cette année à Glastonbury, quand on est arrivé juste après les inondations. On a joué en bottes sur scène et passé trois jours sous la tente dans la gadoue ! Avec tous les côtés marrants que ça peut avoir.
crédit photo: Nathalie Genet
VIVE LA FETE – Els Pynoo (voix), Danny Mommens
(guitare, voix)
Si vous avez le temps, qui irez-vous voir jouer?
Danny : J’ai bien envie de revoir The Cure, après les avoir vus il y a quelques jours au Lokeren Festival (Belgique, ndlr). Et puis Maxïmo Park.
Els : Sonic Youth, je ne les ai jamais vus. Et puis Metric. En réalité je suis curieuse, je ne connais pas beaucoup de groupes ici et j’ai envie de connaître.
Votre meilleur souvenir en festival ?
Danny : Ce sera ce soir ! On va jouer à 100% !
Els : A Dour cette année c’était très sympa. Parfois il y a une très bonne atmosphère.
Danny : A Brest également (les Jeudis du Port, ndlr), il y a dix jours. Des personnes du public brandissaient des drapeaux rouges « Vive la Fête », je n’avais jamais vu ça.
Votre meilleur souvenir en festival en tant que spectateur ?
Els : Il y a trois ans, j’ai vu Iggy Pop en Belgique. Il a tellement d’énergie, c’est une vraie bête, ça me rend jalouse.
Danny : Pour ma part je dirais M. A la télé ! C’était un concert filmé en festival, et je suis resté scotché toute la retransmission. J’ai vraiment été surpris. Je savais que c’était assez important en France, mais là j’en suis resté coi .
Votre plus grosse galère en festival ?
Els : Lors du festival Scopitone à Nantes, notre clavier est tombé en rade au milieu du concert, on n’avait plus de son et on s’est trouvé tout bête sur scène !
Danny : On s’est senti à poil ! Dans un cas comme ça, il n’y a qu’une batterie qui peut encore servir, mais on utilise des percussions électroniques et plus rien ne marchait.
Els : Il fallait faire quelque chose, d’autant que la panne a duré une vingtaine de minutes.
Danny : Il y a également eu un concert lors d’une soirée privée Dior où j’ai trouvé que ça avait pris un temps fou pour que les gens soient complètement saouls. Ou c’était long pour moi ! (rires)
Els : Le 21 juillet dernier, on devait aussi jouer pour le Roi et la Reine de Belgique, pour leur 25è anniversaire. Tout avait été pensé, c’était hyper bien organisé, ils avaient dépensé des fortunes, sauf qu’ils avaient omis de couvrir la scène. Dix minutes avant notre prestation, il s’est mis à pleuvoir des cordes incroyables et on a dû annuler ! C’était terrible car ce genre de chose n’arrive qu’une fois dans une vie.
Danny. En même temps, le Roi et la Reine ont été super sympas avec nous, ça a suffit à ma journée !
Propos recueillis par Julien Cottineau
Photos de Nathalie Genet, que nous remercions chaleureusement.

Julien Cottineau
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