Adanowsky "Crooner du diable"
Des rumbas délirantes, de la pop dopée aux paillettes, des textes puissamment drôles (mais pas seulement), des filles en sueur… Mais qu’est-ce que c’est ? Adanowsky, un personnage foutraque et latino, qui vient de sortir son premier album.
Un jour, Adanowsky figurera dans le dictionnaire des noms propres. C’est en effet à lui que l’humanité doit ce sport redoutablement efficace pour doper la musculature des biceps féminins : le jeté de p’tites culottes sur scène. C’est pas des blagues : pointez-vous au prochain concert de l’homme, vous ne pourrez pas y échapper. Pire, il semble que l’effet euphorisant de ses prestations fonctionnent également le sexe masculin.
Vous l’avez compris, Adanowsky est un personnage complètement barré, une bête de scène à la fine moustache et à la veste-boule à facette, un sexe symbole qui déchaîne des tempêtes hormonales dans le public – et qui n’a pas peur de la démesure.
Adanowsky est la création d’Adan Jodorowsky, 25 ans, musicien plutôt doué et fils d’Alexandro Jodorowsky. Le bougre a grandi dans une ambiance barge et cosmopolite, où on pouvait « pisser dans la soupe si on ne l’aimait pas » et où la musique était au menu tous les jours. Voilà pour quoi son personnage n’a peur de rien, et balance aux orties bienséance et politiquement correct. Comme lorsque, par exemple, il raconte ses fantasmes incestueux sur Maman t’a pas fini ou enflamme les gosses de riches sur Fils à papa. Ou surtout, lorsqu’il déchaîne son sexe à pile sur Etoile Eternelle.
Mais Adanowsky, ce n’est pas que du léger. Derrière la dérision, une toile plus sombre se dessine, le drame de la mort. Le crooner n’est pas si heureux (Estoy mal), se désole devant la connerie de ses congénères (Tuez-vous, tuez-vous), dont il n’hésite pas à dresser un portrait acide. Dérision-douleur, le contraste révèle un compositeur a la plume fine et abile, sensible et langoureux.
Crooner : le mot lui va comme un gant. La force d’Adanowsky, c’est de mélanger les genres et les époques, embarquant le public dans un jeu de piste délicieux. A sa dégaine de chanteur de charme des années 50, il rajoute un ceinturon et une fine moustache de pistolero, comme si un zoro dopé au viagra avait fricoté avec Dany Brillant. Côté son, il mêle également pop-rock à paillette avec des rythmes sud-américains, un mambo tcha-tcha haut en couleurs. Certains des titres sont également interprétés en espagnol, sa langue natale, donnant un tour encore plus lascif à ses rumbas déchaînées. Alors, on se laisse totalement emporté par le tourbillon déjanté d’Adanoswky, on a envie de monter sur scène avec lui, de se tortiller, de crier, de délirer, de se déhancher, d’extravaguer, de s’oublier. Il y a beaucoup de groupes qui vous font ça, vous ?
Adanowsky, Etoile Eternelle, sortie le 30 octobre 2006 chez Dreyfus.

Aena Léo
En savoir plus :
Le site d'Adanowsky
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