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9e édition des Femmes S'En Mêlent |
9e édition des Femmes S'En Mêlent "A Paris, dans la mêlée"
Le rideau vient de tomber sur la 9e édition des Femmes S'En Mêlent. En trente dates, le festival de la musique indépendante au féminin a traversé dix-sept villes. musiQualité n'a pas pu malheureusement tout suivre mais s'est glissé dans quelques dates parisiennes.
Folk show au Café de la Danse (17 et 21 avril)
Le Café de la Danse, à Paris, a vibré au son d’un folk tantôt européen, tantôt nord-américain, mais toujours intense. musiQualité était présent sur deux des trois soirées.
Anna Ternheim, délicate suédoise double disque d’or dans son pays, fut la première à entrer sur scène lundi 17 avril. Guitare, piano, voix, la songwriter a plongé la salle (bondée) dans un folk langoureux et sobre. Voix claire et enrobante, elle chante les sentiments qui font mal.
Un peu comme Vashti Bunyan, qui lui succède. Destin incroyable, retour inattendu, implacable présence sur scène. Imaginez : elle n’était pas montée sur les planches depuis 35 ans !
Pendant ces années d’absence, son charisme est loin d’avoir diminué. Son sens mélodique s’est développé. Son folk fragile et délicat est d’autant plus pénétrant. D’une voix aérienne et fantomatique, elle évoque la maternité, la perte d’un frère, les tensions entre famille et désir de voyage…
Pas facile de lui succéder, mais Mi and L’au (photo ci-contre) relèvent le défi. Mi, long cheveux roux, est finlandaise. L’au, français, arbore une fine moustache. Le duo a construit un folk dépouillé comme une cabane perdue dans une forêt. Saveur sucrée où chaque silence a son importance, leur son acoustique chaud-froid révèle vite une palette de subtilités impressionnante.
Vendredi 21 avril, la file d’attente coiffant l’entrée du café est encore plus impressionnante. Une foule de spectateurs qui n’a pas impressionné Wendy McNeill. Jonglant entre un accordéon et une guitare, elle a promené le public au fil de ses histoires d’amour et de ses révoltes rugueuses ou douces. Un dépouillement instrumental loin de l’orchestration luxuriante choisie par Sarah Slean. Quatuor à cordes, piano à queue, la jolie Canadienne décore ses mélodies pop-folk d’un lyrisme à coller des frissons intenses de plaisir. Dur, pour Isobel Campbell, poupée écossaise aux boucles blondes, de la remplacer sur scène : son folk-country est un peu moins accessible. Mais le duo qu’elle forme ce soir avec Mark Lanegan, le chanteur de Queen of the Stone Ages finit par convaincre. Voix rauque contre souffle angélique, ils sont accompagnés de guitare, batterie et basse. Leur folk bluesy pétri d’humilité a un p’tit quelque chose de Marianne Faithfull. Une belle façon de clore ces trois soirées au Café de la Danse dont les maîtres mots ont été intimité, fraîcheur et talent.
Electro choc à la Maroquinerie
La fameuse salle de Ménilmontant s'est chargée de clôturer le festival dans la capitale. Après la furie du mercredi soir, emmenée par Be Your Own Pet, Mad River et The Organ, la Maroquinerie accueillait ainsi une dernière soirée bien plus électro, mais tout aussi électrique. Avec Mona Soyoc en point de mire particulier. Laquelle revient sur scène sans Spatz, son compère et alter ego au sein du défunt et écorché Kas Product (fer de lance de la scène new-wave underground des années 80, ndlr), sans rien perdre de sa ferveur et de son charisme. Seule donc, avec sa guitare et son laptop comme homme-orchestre, la Franco-américano-argentine aligne un set de près d'une heure, enfiévré et brut. Avec toujours ce don pour la présence scénique, pour cette rage contrôlée, cette tension permanente et ce brin de lyrisme déconcertant. Sans label, sans disque sous le coude, la prestation de Mona Soyoc relevait du pari à haut risque. Relevé brillamment.
Peu avant, Pravda (photo ci-dessus) avait enflammé la Maroquinerie. Basse tendue, beats électro-rock incisifs, claviers rugueux, le duo enchaîne un set d'une efficacité radicale. Certes sans larges variations, la musique de Pravda, assortie de textes ironiques, fait mouche et possède ce don de faire onduler insidueusement les corps. On attend le premier disque avec impatience.
Bien plus électro, le duo belge Soldout ferme la marche. Charlotte Maison et David Baboulis balancent un son dense et percutant qui trouvent tout autant ses marques. Depuis leurs passages au Palais de Tokyo (voir article ) ou encore au Festival des Inaperçus (voir ici ) depuis le début de l'année, Soldout ne cesse de s'affiner. Et permet de clôturer en beauté le festival. Que l'on attend de pied ferme l'an prochain pour les dix ans.
Liens et derniers disques parus
Anna Ternheim , Somebody Outside, sorti en France en mars 2006 chez Telescopic.
Vashti Bunyan , Lookaftering sorti en 2006 chez Pias.
Isobel Campbell , Ballad of the Broken Seas, sorti le 31 janvier (V2)
Mi and L'Au , Mi and L'Au, sorti en octobre 2005 chez Young God Records.
Wendy McNeil , The Wonder Show, sorti en mars 2006 chez Headstomp Productions.
Sarah Slean , Day One, Mapple Music/Warner, 2006.
Pravda , site officiel
Mona Soyoc , site officiel
Soldout , Stop Talking, Anorak Supersport/Bang, 2004.

Marie Charrel et Julien Cottineau
En savoir plus :
Site du festival
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