Mike Patton "Monstre sonique"
Le final de la journée Metal No Limit a offert une prestation magistrale de Mike Patton. Lequel avait réuni sur scène Fantomas et les Melvins pour un incroyable concert metal déstructuré. Enorme.
Ca fâche un couple dans l'assistance. Elle: "Mais c'est du bruit! "Lui: "Du bruit?!! Tu connais rien à la bonne musique!". Elle: "Me prends pas pour une débile, c'est quand même pas évident!" Ca aurait sans doute amusé Mike Patton.
En clôture de l'événement Metal No Limit, l'agitateur fou d'une certaine scène métal-rock-expérimentale américaine, ex-chanteur des formidables feu Faith No More a assommé le Palais d'Auron. Et a réuni sur scène deux formations phares dans le milieu: son groupe Fantomas et celui des Melvins, vieux groupe de Seattle du label de Patton, et dont le guitariste Buzz Osborne est partie intégrante de Fantomas. Sur scène, le cocktail propose ainsi deux batteurs, autant de guitaristes et un bassiste, évoluant au shaker déjanté de Patton derrière platines, machines et micros. Lequel se pose en véritable chef d'orchestre possédé et génial, comme d'habitude.
Déstructuré, expérimental, corrosif, le set se découpe en une succession de plages calmes, de silences, de riffs énormes, et d'attaques soniques aussi explosives que surprenantes. Les deux batteurs, dont Dave Lombardo (photo ci-contre), ex-batteur des mythiques Slayer, aujourd'hui dans Fantomas, comptent parmi les pièces maîtresses du dispositif. Les rythmes se répondent, se complètent, s'entrechoquent avec une puissance monstrueuse. Tandis que Patton joue avec ses micros, trafiquant sa voix à l'infini, toujours aidé par ses incroyables modulations et sa schizophrénie vocales. Ce chanteur est resté un performer monstre à la créativité débordante.
Si ce n'est pas toujours très facile à écouter, l'expérience musicale et visuelle demeure fascinante, décoiffante, et presque (paradoxalement) reposante. On n'en sort pas soulagé mais apaisé, et on en redemande même à la sortie. D'autant que tous les autres concerts à suivre paraissent sans le moindre grain de folie. Juste après ça, tout le reste perd un peu de son éclat.
Crédits Photos: Frédéric Loridant

Julien Cottineau
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