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| Reportage - |
Ayo en concert à New York |
Ayo en concert à New York "Un ballroom au sommet"
Il faut bien l’avouer, nous étions un peu allés sur la pointe des pieds à ce concert d’Ayo alors que dehors se profilait la toute première fête de la musique new-yorkaise. On avait bien aimé la fraîcheur de son album Joyful et le soleil éternel qui illuminait ses ballades, mais de là à passer deux heures en sa compagnie, c’était sûrement un peu excessif. On avait tort…
La jeune germano-nigérienne faisait sa grande première américaine à New York au Highline Ballroom, la nouvelle salle à la mode de Chelsea, à quelques mètres de la voie ferrée désaffectée qui lui a donné son nom. Ces derniers jours, des talents aussi différents qu’Amy Winehouse, Peaches ou Paul Mc Cartney avaient également choisi ce lieu pour se donner en spectacle. Très en avance sur son calendrier promotionnel - son album Joyful (Polydor 2006) ne sort qu’en septembre aux États-Unis, Ayo s’offrait donc un show case « de grande » avant même d’avoir fait ses preuves dans le royaume du cheese-cake. Quelques premières parties lui assureraient-elles de remplir la salle ? On ne peut s’empêcher d’en douter…
Comme d’habitude, la climatisation à l’Américaine nous accueille fraîchement. S’il fait presque 30°C à l’extérieur, il faut tenir le coup et ne pas claquer des dents à l’intérieur. On attend qu’une seule chose, c’est qu’une bonne âme vienne nous réchauffer… Il faudra attendre encore une bonne demi-heure ! La salle disposée en mode cabaret (tables et chaises) se remplit au compte-goutte, mais au moment où le ballroom sombre dans le noir, nos craintes s’envolent. Le public est présent et même très présent… Quelques Français alléchés par la taille humaine de la salle (ah, si on pouvait avoir ce type de configuration à Paris !) se font remarquer en commentant les qualités de la demoiselle sur disque. C’est à cet instant très précis que tout bascule…
Ayo entre seule sur scène. Elle explique avec un large sourire que c’est la première fois qu’elle donne un concert en tête d’affiche aux États-Unis. Elle n’a pas l’air angoissée. Elle prend tout de même une profonde respiration et se jette littéralement dans le répertoire de Joyful, et plus encore… Son groupe la rejoint. C’est la première fois qu’ils vont jouer ensemble ce soir. On sent dans les sourires de la jeune femme qu’elle essaie de nous rassurer… Ca va bien se passer, ça va bien se passer… Ayo se lance.
Ce qui frappe tout de suite, c’est cette voix puissante et douce à la fois qui prend aux tripes. Ayo est une chanteuse. Il n’y a pas de doute là-dessus. Elle n’en fait jamais trop et pourtant elle ne cesse jamais de remplir l’espace. On est tout simplement subjugué… Plus le concert avance, plus la jeune femme gagne en assurance. Il faut dire que son groupe est juste impeccable… Discret, il sait aussi impliquer le public et participe largement à faire grimper les chansons à des sommets. Ayo s’essaie à de nouveaux morceaux avec succès (l’excellent « Africa ») et improvise même avec ses musiciens quelques ébauches de titres. Ayo s’abandonne, elle donne tout ce qu’elle a et ça se ressent… La salle est conquise et lui renvoie l’ascenseur. Quand elle interprète coup sur coup Down on my knees et sa magnifique reprise d’Abbey Lincoln, And I supposed to be love, le public est debout. La salle devient ce pour quoi elle est destinée, un grand ballroom…
Ayo se refuse aux rappels. Elle prévient tout de suite qu’elle trouve un peu bizarre ce cérémonial orchestré d’avance. Pourtant quand elle termine son concert, elle est bien obligée de revenir. La salle est tout simplement hystérique… Il faut dire qu’elle vient de passer près de deux heures « sur le cul »… Et pas seulement parce qu’on lui a imposé une chaise…
Ayo décide alors de la jouer différemment. Elle chante un dernier morceau au milieu de la salle, debout sur une table. On lit sur son visage qu’elle est heureuse. Impossible de ne pas l’être avec elle. Elle met de côté son micro et chante avec le public en anglais, en français, en espagnol… Ca pourrait être brouillon, mais le mélange d’émotions et d’euphorie rendent l’expérience harmonieuse… Quand la chanson se termine, Ayo quitte la scène avec énergie. Le public n’en revient pas…
Ayo reviendra c’est sûr aux Etats-Unis à la rentrée pour la sortie de son album. Souhaitons lui bonne chance. Ca finira bien par se savoir que c’est une bête de scène ! En tout cas, de notre part, il ne nous en aura pas fallu plus pour en être convaincu…

Alexandre Barbera
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