   Sa voix suave et mélancolique a envoûté l’Europe en moins d’un mois : petit retour sur le phénomène Ayo.
Joyful, premier album de la nouvelle égérie de la new soul, a conquis le public dès sa sortie. Il est le fruit de l’inspiration de la jeune chanteuse de 25 ans Ayo qui s’est nourrie d’un melting pot culturel entre sa jeunesse en Allemagne, son père nigérian et sa mère roumaine. Elle découvre la musique par son père, véritable passionné et DJ à ses heures perdues, et se met pendant son enfance au piano et au violon. Mais son instrument fétiche reste la guitare, omniprésente dans son album.
Ayo (« joie » en yoruba) n’est pas le terme qui symbolise le mieux l’empreinte de ce premier disque allant de la soul au reggae en passant par le funk. Ses mélodies sont souvent mélancoliques, et les paroles, à l’image de son tube Down on My Knees, rappellent que cette artiste n’a pas toujours connu que des moments de bonheur au cours de sa vie. Cependant, une profonde énergie se dégage de cet album, notamment avec son excellent reprise du morceau d’Abbey Lincoln And It's Supposed to Be Love. Sa musique touche, et notamment le grand public, fait assez rare pour une authentique chanteuse soul. Mais Joyful c’est aussi des textes qui parlent de la famille, de la séparation, des tristesses de l’enfance ou bien encore du racisme. Malgré tout, comme dans beaucoup de premier album, on pourrait peut-être reprocher le manque de variété des mélodies, même si l’ensemble reste très inspiré.
Ayo sera en concert les 12 et 14 septembre 2006 au Nouveau Casino. Un conseil : réservez maintenant car il y aura beaucoup de monde.
Jean-Baptiste Santelli
Polydor/Universal (juin 2006)
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