Cissoko, un avenir tout tracé : tu seras griot, mon fils ! Lui, a choisi de prendre parti de la tradition et de s’amuser un peu. Preuve par trois avec Electric Griot Land, deuxième album du quatuor déjanté.
Kora d’accord, rythmes traditionnels du Mandé, avec plaisir, mais un peu survoltés. Pédale wah wah branchée sur la kora, histoire de faire souffler un vent punk sur des rythmes multi-séculaires. Une basse et un bolon déjantés, un rythme endiablé, dès les premières notes de l’album on franchit les frontières de cette terre des griots électriques. Et ce pays, situé aux confins des capitales et des villages du Mandé, brille par son ambivalence. Au son à la fois très urbain et très traditionnel, Electric Griot Land se joue des étiquettes, entre acoustique et électronique...
En 2004, déjà pour le premier album de Ba Cissoko et de sa famille (ses deux cousins à la basse et à la kora et Konkouré, un percusionniste percutant), Sabolan, il y avait eu comme un tressaillement dans le petit monde des amateurs de musique mandingue...La critique s’était empressée d’encenser le jeu « hendrixien » de Ba Cissoko à la kora. Trois ans plus tard, il en sera sans doute de même. Dans ce deuxième album, quelques jolis featurings reflètent l’éclectisme de ces messieurs : le rappeur somalien K.Naan, le Malien Amadou Bagayoko, l’Ivoirien Tiken Jah Fakoly, ou les Camerounaises des Nubians...