CD/Disque
Babet "Drôle d'oiseau"
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   Dix ans, qu’elle tourne sur les routes avec Dionysos, groupe phare de la scène française dont elle est la touche féminine. A 29 ans, Babet se lance en solo avec un premier album hétéroclite et intimiste.
| par Aena Léo | le 03/03/2007 | genre: chanson |
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Les « chaou », « ai ai ai », « miaouuu » et autres effets de voix aigus sur les morceaux de Dionysos, c'est elle. Depuis le début de l'aventure du groupe, elle intrigue. Depuis le début, on se tordait d’envie d’en savoir plus sur la jolie brune mystérieuse au violon, à côté de Mathias Malzieu sur scène. C'est chose faite. Après 10 ans d’aventures Dionysiaques, Babet signe son premier album solo. Quinze titres qu’elle a composés, chantés et réalisés seule, en jouant tour à tour presque tous les instruments, violon, piano, etc.
Le tout est plutôt surprenant. La musicienne a voulu mettre dans ce disque « tout ce qu’elle a vécu ces dix dernières années », sur les routes, avec Dionysos, ses rencontres, voyages, amours. Certaines compositions ont plus de six ans, d’autres sont plus récentes. La plupart se détachent de l’univers de Dionysos. Babet écrit plus apaisé, féminin, dans une veine pop folk et intimiste. Elle déploie des mélodies graciles ou sur le fil, des balades introspectives balayant ses doutes.
Le plus souvent, elle chante en français. On ne peut alors s’empêcher de penser à… Olivia Ruiz, tant la proximité de leur timbre est frappante. Même brin de voix aigue, parfois nasillarde, forte ou fragile, aux accents maniérés. Ce n’est peut-être pas un hasard : les deux ont travaillé avec Mathias Malzieu. Mais on préfère quand Babet opte pour l’anglais, qui sied mieux à sa voix, alors plus sobre.
Une voix qu'elle transforme, chambranle, chahute sur cet album, qu’elle parcourt comme un terrain de jeu. C’est son point fort. Car on jeu on se prend, pour la suivre, avec délice, dans ses explorations vocales. Comme sur Le Marin, où elle interprète tous les chœurs, jouant avec les harmonies.
Parfois, l’essai est moins réussi. Babet déroute. Elle navigue entre les genres, ne choisit jamais, tâtonne, teste. Pour se trouver. Ou bien montrer que seule, elle est capable de tout explorer. Elle l’est. Mais son album manque d’unité. Qu’importe, Drôle d’oiseau révèle une artiste complète et prolifique qu’on se promet de suivre un bout de temps. On vous conseille d’en faire autant.
Aena Léo
Babet, Drôle d'oiseau, sortie chez V2 en mars 2006.
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