   Impossible de compter le nombre d'instruments qui se promènent sur ses titres. Le premier album de BabX est pourtant délicieux de légereté, mélange des genres et des ambiances.
BabX est du genre touche à touche à tout. Il compose, écrit, chante. Un peu comédien, artiste de cirque. Surtout poète. Sur Silicon Baby, il installe une ambiance bluesy-swing pour livrer sa vision de la féminité. Guitare électrique sur Crac Maniac, piano-voix, trompette tranquille sur les titres suivants, BabX change d’ambiance à souhait. Il revient à une tension toute électro sur Kamikaze, crie presque. Ça grince, à vif « comme une torche qu’on immole », et pourtant BabX prévient : c’est une fille qui parle.
A 24 ans, il les connaît bien, les femmes. Elles sont même le fil rouge de son album, de sa mère et son piano à Lili qui dort dans une ville brûlante. Les femmes, celles qu’il aime, celle qu’il a découverte en lui aussi, par la musique et l’écriture. Il les met à l’honneur dans ses textes personnels, pétris d’émotions, de souvenirs, de rimes.
Baisers, passion, fard qui coule, douleur aussi, sa vision de la féminité n’est pas sans fêlure. Dans la pochette de son album, on voit une Barbie percée d’épingles. Changement d’atmosphère, encore, à partir du 7ème titre. Tantôt classiques, parfois intimistes, pléthore d’instruments se croisent sur les plages. Lettera s’ouvre sur un vieux son de radio grésillante. BabX dévoile une conception toute cinématographique de la musique. Violon, flûte, Bandonéon. On se retrouve plonger avec une actrice des années 50, sous un chapiteau de cirque, quelque part dans une époque rétro bercée d’absinthe et de poésie douce et rêche.
X, comme heureuX, cieuX, vieuX, capricieuX, adieuX, feuX, peuX, taXi, maXi, priX, et X tout court. Si BabX s’attache particulièrement à cette lettre, c’est peut-être parce qu’elle représente un croisement. La rencontre des genres, swing, chanson, électro. La synthèse du masculin et du féminin. X s’est aussi l’interdit, le sensuel, le chromosome féminin.
Marie Charrel
Sortie le 27 mars 2006 chez On Music.
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