Babyshambles "Pete au Zénith"
Le 4 février dernier, séance de rattrapage pour le groupe de Pete Doherty. Trois semaines après un concert raté à l’Olympia, ils ont redoré leur blason au Zénith. Court mais bon…
Le Zénith, royaume du slim et de la cigarette : les « bébés pagailles » mettent le souk. On craint le pire, après la gabegie de l’Olympia. Les Babyshambles sont de retour et ce soir, par chance, Pete Doherty a décidé de faire honneur à son chapeau haut de forme, malgré un état de défonce respectable. Une heure dix d’un concert intense prouve qu’il vaut mieux que son image irritante de Baudelaire punk.
Digne héritier des mélodistes d’Albion, mais désinvolte, rageur et cradingue comme un Sex Pistol, il enchaîne de bonnes chansons, pas toutes diablement originales mais toujours inspirées. Deux tubes expédiés en début de set, « Carry on up the morning » et « Delivery », la majeure partie du très bon deuxième album, quelques extraits du premier et du EP The Blinding, un inédit et un « Fuck Forever » tonitruant pour finir.
Pas de rappel, dommage, la batterie est par terre. Entre-temps, on ne compte pas les clopes fumées sur scène et dans la salle, les midinettes au bord du malaise, les phrases sans queue ni tête marmonnées entre deux chansons. Un peu convenu mais sympathique, Pete se jette dans la foule. Tout chavire, et c’est comme ça qu’on l’aime : sans artifice, sans Kate Moss, sans trous de mémoire. Un bon songwriter, un peu dingue, avec de bons musicos. Pete, au Zénith.

Guillaume de Chamisso
|
|
|