Barbara Carlotti
"Barbara Carlotti à New York"
Barbara Carlotti n’a peur de rien. Les chansons dans les poches, elle est allée donner en ce début de mois d’août deux concerts exceptionnels à New York, histoire de se faire plaisir. Et peut-être de se faire peur ! Nous l’avons rencontrée à Brooklyn quelques minutes avant son tout premier tour de chant américain, sorte d’échauffement avant d’affronter le public exigeant du renommé Joe’s Pub à Manhattan, dès le lendemain. Lorsque nous arrivons dans la salle du Rose, Barbara termine la balance avec ses musiciens. Cannes à Brooklyn c’est quand même rafraîchissant… Cinq jours à New York, tout est possible !
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Barbara Carlotti
: « C’est à la fois impressionnant et presque logique pour moi de venir chanter à New York. »
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MusiQualité : Barbara, tu viens à New York pour présenter ton premier album Les lys brisés (4AD/Microbe, 2006). C’est la première fois que tu chantes ici ?
Barbara Carlotti : Oui. C’est même la première fois que je viens ! Je découvre tout en même temps. Comme je venais à Montréal avec mes musiciens, on s’est dit que c’était dommage de ne pas passer à New York. On a cherché des salles et on en a trouvé sans trop de difficultés.
Qu’est-ce que cela représente pour toi de chanter ici ?
Beaucoup de choses. New York est un peu la patrie de la musique ! Il y a énormément de références ici. Chelsea Hotel, par exemple. C’est à la fois impressionnant et presque logique pour moi de venir chanter dans cette ville. Je ne sais pas comment les gens vont recevoir tout ça… S’il n’y a personne ce soir ce n’est pas non plus très grave ! (Rires). On est au mois d’août, il n’y a pas eu forcément beaucoup de promo. Ce n’est pas ma maison de disques qui est derrière tout ça. Elle nous a donné un petit coup de main, mais ce n’est pas vraiment sa préoccupation principale...
Si ce n’est pas ta maison de disques, qui a eu la démarche ?
C’est moi qui ai contacté les salles. Je leur ai balancé mon adresse Myspace. Je leur ai dit : « Je suis Barbara Carlotti, je suis chanteuse et je veux jouer à New York » ! Je me suis dit, « j’appelle Joe’s Pub, c’est là que tout le monde est passé. On verra bien… » (NDLR : Camille, Émilie Simon, Nouvelle Vague). Je pense que ma maison de disques n’en aurait pas eu l’idée. De plus, ce type de tournée coûte très cher… Alors, j’ai dit à mes musiciens : « Vous êtes prêt à venir jouer à New York ? ». Ils m’ont répondu « OK », et j’ai calé des dates. Cela m'a pris une semaine seulement ! Mon tourneur m’a suivi. Il m’a aidé à tout organiser. Il était vraiment content. Il a même dit que j’avais « vraiment des couilles » ! C’est un super soutien. (Rires). L’idée que je me débrouille un peu toute seule lui plait. Mes musiciens viennent jouer gratuitement. C’est un vrai truc d’équipe.
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Barbara Carlotti
: « Je leur ai dit : «Je suis Barbara Carlotti, je suis chanteuse et je veux jouer à New York» ! »
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Alexandre Barbera |
Ces concerts, c’est donc beaucoup pour le plaisir ?
Oui, c’est vraiment pour le plaisir d’être à New York. Et celui d’être dans une ville où l'on peut acheter des disques sublimes dans la rue. C’est quand même dingue. Etre dans cette ambiance-là, c’est génial. Ce qui ne nous empêche pas d’avoir une sacrée pression. Mais on l’avait déjà à Montréal, où la culture est très différente. Et puis on l’a cherché alors autant assumer !
À Montréal, vous étiez invités à jouer quatre soirs aux Francofolies de Montréal.
Oui, dans un magnifique théâtre, le Cabaret Juste Pour Rire, qui est une salle de 200 places avec une très belle scène. Le rapport à la scène des Québécois est différent de celui des Français. J’ai l’impression qu’ils sont plus tranchés. Il y a eu des gens très déçus que ce ne soit pas exactement comme sur mon disque. C’est vrai que sur scène, je me permets beaucoup plus de choses. Je suis plutôt comme je suis dans la vie, pas dans l’intériorité permanente… Je crois que ce côté hyper intime les a choqués. Mais on m’a aussi laissé des messages sur ma page Myspace disant que c’était le meilleur concert des Francofolies… Visiblement, les Québécois ne peuvent pas être tièdes. C’est chaud ou froid ! Ils disent ce qu’ils pensent. C’est stimulant d’avoir des réactions un peu plus excitées que d’habitude…
Tu as fait très peu de dates à l’étranger pour l’instant, c’est un choix ?
Cette année, nous avons surtout tourné en France. C’était une priorité de ma maison de disques. Mais ça commence à prendre à l’étranger. Nous avons eu des demandes d’un peu partout : l’Italie, l’Allemagne, l’Angleterre et même la Grèce ! Mais quand tu ne vends pas des milliards de disques, il n’y a pas d’urgence à aller chanter hors des frontières. Et puis malheureusement, quand tu fais de la chanson, tu es considéré comme franco-français, ce n’est pas toujours facile. En Allemagne, le public est tout de même très friand de pop et de chanson française. Cette dernière a un côté classieux, véhiculé par un certain nombre d’artistes comme Dominique A , Katerine ou Francoiz Breut qui sont très connus là-bas.
Et puis il y a le Japon qu’on n’a pas encore exploré. Je suis toujours en train de demander «Quand est-ce qu’on sort l’album là-bas ?» (Rires). J’ai envie de voyager, d’aller voir d’autres gens, d’autres cultures. J’adore jouer et c’est presque mieux d’aller dans des endroits où l'on n’est pas du tout attendu.
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Barbara Carlotti
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« J’ai envie de voyager, d’aller voir d’autres gens, d’autres pays, d’autres cultures... J’adore jouer et c’est presque mieux d’aller dans des endroits où l’on n’est pas du tout attendu… »
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Ton premier album, Les lys brisés a été très bien accueilli par la critique en France et à l’étranger. Tu viens aussi de participer au projet d’Olivier Libaux, Imbécile (Discograph, 2007). Tu penses déjà à un second album ?
J’ai déjà écrit toutes les chansons ! Nous allons normalement enregistrer à la rentrée. Parallèlement, nous allons répéter le spectacle avec Olivier Libaux et tous les autres (NDLR : Katerine, Helena Noguerra et JP Nataf) pour le jouer en novembre prochain au Café de la danse.
On viendra vous rendre visite à ce moment-là alors… On va maintenant te laisser te préparer. Bons concerts à New York et surtout amuse-toi !
Merci, on va essayer. Même s’il y a trois personnes de toute façon, on va en profiter !
Retrouvez ici le compte-rendu des deux concerts new yorkais de Barbara Carlotti.
Le premier album de Barbara Carlotti Les lys brisés est sorti en 2006.
Barbara Carlotti poursuivra sa tournée en France à l’automne. Elle sera le 21 septembre au festival Chant devant, le 26 octobre à Mayenne, le 15 novembre à Cebazat, le 16 novembre à Vernouillet, le 23 novembre à Poitiers et le 27 novembre au festival Chant D’Elles à Oisel. 
Propos recueillis par Alexandre Barbera
Aller plus loin (liens) :
Le site de Barbara Carlotti
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