CD/Disque
Bardi Johannsson "Haxan"
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    Bardi Johannsson ou le renouveau du classique avec un talent fou. Ecoutez... sa musique en témoigne.
Après deux albums, des compositions pour des films et des pubs ; l'écriture de deux livres ; une collaboration avec Keren Ann sur "Lady & Bird".. Bardi Johannsson sort "Haxan". Un opus aux tendances très classiques, avec des airs puissants.
Pour la petite histoire, Haxan est un film d’horreur islandais datant de 1922. Censuré pendant des années à cause de scènes «religieusement incorrectes», ce film a été projeté en 2004 à Paris, accompagné d’une composition de Bardi. C’est pour le Festival Lumières d’Hiver que Bardi accepte de développer une version alternative de Haxan.
Question, où placer ce disque? Par défaut, dans la première rubrique. Que les choses soient tout de suite claires, ce disque n’est pas de la chanson française! Pas du tout même, puisque ce dernier est joué par l’Orchestre Philharmonique Islandais. On est loin des formations élaguées d’un Cali ou d’une Camille! Ainsi, ce "grand" disque est un puissant cocktail classique. Classique question genre, mais tellement novateur du côté de l'«œuvre musicale». A la racine de cette oeuvre, une homme : Bardi Johannsson, musicien Islandais qui a fait des études de Lettres et de Design. Son nouveau disque contient des musiques sans chant aucun. Pas de paroles, mais les instruments remplacent toutes les voix du monde, et dégagent bien plus de signification que n’importe quels mots.
La force et la gravité des musiques de «Haxan» vous prend au ventre et provoque une sorte d’état second. Plaisant bien sûr. La cause? Les musiques sont explosives et émotionnelles. L’introduction par exemple, Haxan I, est un crescendo d’une triste beauté, presque comparable à celle d’une Symphonie de Mozart. Il n’a pas le même charme, mais il est tellement impressionnant par son ampleur qu’il nous donne envie de le réécouter encore et encore. L’ambiance du film d’horreur s’installe au fil de l'écoute. Bizarrement, cela ne fait pas vraiment peur. Et puis, retournement de situation à l'issue du disque. On croise un air joyeux à la fin de Haxan VI. Il nous donne de l’espoir. Un espoir qui se poursuit avec Haxan VII : une dernière impression agréable de sérénité. Cette allégresse se finit de manière brusque. Le dernier titre ne nous en dit pas plus sur la suite.
Les images du nouveau Haxan (le film, ndlr) ajoutent certainement plus d’action, de frissons et de signification aux musiques. On peut tout de même tenter d'interpréter ces mélodies venant d’un homme doué, et de s’imaginer des scènes parfois fatales…
Simon Lamellière
Discograph. Sortie le 24 avril 2006
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