Swimming pool est une ode à la sagesse et à la sérénité. En trio avec Arnault Cuisinier à la contrebasse et Eric Echampard à la batterie, le pianiste Benjamin Moussay nous emmène dans un univers poétique et secret. Les morceaux, quasiment tous de sa composition, ondulent au gré d’une humeur vagabonde ( The Last Ride ). Fil conducteur d’une intrigue qui serait romantique ( Manon ), les mélodies plongent le trio dans des harmonies claires et lumineuses.
Les reflets de cette musique « aquatique » dessinent les contours d’une imagination riche et abondante en images ( Lost Valley ). Le jazz de Moussay prend aussi bien la forme du torrent que celle d’une longue coulée de larmes. Toujours saisissant ( Playa del Carmen Mexico ) comme le montrent ces thèmes où les pulsations haletantes sont la manière propre au trio de penser le swing. On ne pourra qu’être surpris par l’originalité avec laquelle ce jeune pianiste réussit à utiliser le large spectre sonore du piano. Celui-ci est mis au service d’un jazz qui se veut doux et élastique. Une contemplation en musique face à l’océan qui s’agite, puis se calme. Puis s’agite… Dense et entêtant.