CD/Disque
Brad Mehldau "The Day Is Done"
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    L’esthète aux mains d’argent continue l’exploration de la musique en trio. The Day Is Done est un tourbillon d’émotions et d’idées lumineuses. Transcendant.
Dans le prolongement de plusieurs albums sous titrés The Art Of Trio (le dernier en date, Live in Tokyo (2004) avec Larry Grenadier (cb) et Jorge Rossi (dm), Brad Mehldau présente avec « The Day Is Done » une nouvelle recherche musicale. Cette fois-ci, le trio s’enrichit d’un nouveau talent puisque Jeff Ballard remplace le batteur barcelonais.
Ecouter la musique de Brad Mehldau est une aventure savoureuse. En parler devient un exercice délicat. On serait tenter de se pencher et de s’arrêter sur chaque thème, pour ne pas dire sur chaque mesure. Dans les débats d’analystes chevronnés sur la nature du jazz, Brad Mehldau a souvent fait figure d’enfant indiscipliné. C’est peut être parce qu’il est difficile, pour caractériser le jeu de ce pianiste trentenaire, de faire des filiations hasardeuses avec des grands noms du piano jazz tels que Bill Evans ou Oscar Peterson. Lui même ne se réclame pas d’un héritage particulier. Il y a dans la musique de ce new yorkais une véritable capacité à faire sonner « jazz » des morceaux qui au départ ne le sont pas. Mais qui est ce qui est jazz ? Et qu’est ce qui est rock ? Enigmes sans réponses. Il ne s’agit pas d’un détournement de genres mais bien plutôt d’une envie d’assouvir une curiosité. Sur l’album, les reprises rock, de Paul Simon à Radiohead en passant par McCartney, abondent.
Les phrases jouées en accord de deux notes à la contrebasse apportent une profondeur au jeu trépidant du batteur. Ce dernier s’emploie à porter le trio grâce à des mouvements accélérés sur les cymbales. Là dessus, les improvisations de Brad Mehldau ont tantôt le caractère de la fugue, tantôt celui du swing. Sans parler des harmonies étonnantes et imprévisibles qui abreuvent les chorus.
Le trio révèle une complicité qui relève du spirituel. Une sorte d’homogénéité protéiforme qui se perçoit le temps d’une croche puis disparaît dans les limbes de notre mémoire auditive. Ces trois musiciens se jouent de nos perceptions. Et de nos illusions. Pour détruire la futilité des répertoires et rappeler qu’il n’y a pas des styles musicaux mais un art de la musique.
Vincent Fertey
warner jazz
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Pour aller plus loin...
- Le site officiel de Brad Mehldau
- Le site Warner |
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