Nous aurions pu les classer aussi bien dans une rubrique pop-rock, qu’électro-groove ou encore chanson française. D’humeur changeante et surtout sautillante, ce quartet fraîchement débarqué de New York livre en 12 titres un Talk to la bomb riche et travaillé. Une nouvelle rencontre improbable entre divers genres jetés sur un second album réussi.
Les clubs chauds de la "Grande Pomme" se comptant à la pelle, les Brazilian Girls y ont fait leurs premières armes. Joliment accueillies par un public friand de nouveautés, elles ont fini par ouvrir la porte de ces clubs pour s’aventurer dehors, là où un autre public les attendait. Après un premier album éponyme, sensiblement proche de l’atmosphère des lieux new-yorkais branchés, les Brésiliennes ont réajusté leur ligne de mire. Résultat : un Talk to la bomb à l’allure chiadée et aux multiples tendances. Des tendances sur lesquelles les yeux, les oreilles et le corps tous ensemble se prêtent à des danses envoûtantes, énervées et euphoriques. En somme, un bon parfum de soleil chaud où il fait bon de fêter et danser d’un pied (Problem).
A l’occasion, on s’approche d’une musique parfois expérimentale avec le titre éponyme Talk to la bomb. La basse de Jesse Murphy se contorsionne, slap à tout va, tandis que le clavier très 80’s de Didi Gutman couine avec frénésie. Sur Sexy asshole, ce sont des émulsions electro-jungle au beat vif et à la mélodie grasse qui retiennent l’attention. Du haut de sa taille mannequin, Sabina Sciubba se fait menaçante sur une mélodie tantôt cyclique et viciée, tantôt rassurante et dansante. Une bossa-nova dynamisée de son electro et chantée en français (Le territoire). Talk to la bomb dégage un réel tempérament. Même si la création artistique est souvent basée sur un enchaînement de séances d’improvisations, le souci de l’esthétisme est bien présent. Une attention qui ne laissera pas nos oreilles indifférentes.