Alors que quelques nababs en manque de gloire et de fric tentaient de faire revivre le Summer of Love dans de pâteuses cérémonies anniversaires, Brian Jonestown Massacre, digne héritier du flower power, enregistrait son dixième album, « My Bloody Underground », sous la houlette du talentueux Anton Newcombe. Le dernier hippie, c'est lui et il a encore des choses à dire comme en témoigne son nouveau délire.
Le battage médiatique autour du dernier Radiohead doit bien faire marrer Anton Newcombe. L'illuminé leader de Brian Jonestown Massacre a depuis longtemps compris l'importance d'internet pour faire connaître sa musique et diffuser ses messages (de paix et d'amour en ce qui le concerne). Fâché avec les majors et avec le marketing en général, Newcombe a toujours rejeté les propositions juteuses, se targuant de faire de la musique pour le plaisir de créer. C'est donc, comme pour ses précédents albums, sur la toile qu'Anton dévoile son dixième album My bloody underground. Boosté par son succès récent ( le rockumentaire d'Ondi Timoner, Dig, n'y est sans doute pas pour rien), Anton semble avoir compris l'utilité d'un label et vient de créer le sien. A Records publiera tous les disques de BJM dont la distribution sera assurée par Cargo UK en Europe, Red Eye en Amérique du Nord et MGM pour l'Australie. My bloody underground inaugure ainsi le catalogue. Alors que son prédécesseur (We are the radio) était court (5 titres) et d'une fluidité rare, ce nouvel opus affiche une palette d'ambiances étendue, des divagations mystiques (Ljosmyndir, Black hole symphony) aux ballades nostalgiques (We are the niggers of the world) en passant par le grunge (Yeah yeah). Mélodies en ellipses, ambiances vaporeuses, sonorités planantes, chants noyés sous des instrumentations touffues (guitares, sitar, chargées de reverb), les compos s'enfoncent dans un brouillard aussi opaque que les pensées de leur géniteur. My bloody underground, comme son nom l'indique, est un bon mix d'influences de My Bloody Valentine et The Velvet Underground. Certainement, un des albums les plus psychédéliques du groupe.