CD/Disque
Cat Power "The Greatest"
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   Sorti tout droit d'un studio mythique de Memphis, avec l'aide précieuse de légendes musicales des 70's, "The Greatest" marque à nouveau la carrière de Chan Marshall, alias Cat Power. A savourer.
C'est l'histoire d'un retour à Memphis. A double sens. Retour vers la ville où Chan Marshall avait enregistré un de ses plus beaux disques, l'écorché et magnifique What Would the Community Think?, il y a dix ans. Et un retour aux sources des légendes américaines du rhythm'n blues et de la soul. Des influences directes de son travail, même si Chan Marshall, dissimulée sous le nom de Cat Power, a toujours vogué dans des méandres parfois plus indie et surtout plus folk. Son oeuvre n'est d'ailleurs probablement pas étrangère à l'actuel grand renouveau folk.
Pour ce septième album, cette énigmatique trentenaire s'est offert une session magique aux Ardent Studios de Memphis, entourée des anciens et grandioses musiciens d'Al Green ou de Booker T & the MGs. Tout en s'adjugeant les services du producteur Doug Easley, connu pour son travail avec Sonic Youth et Pavement. Nouveau contrepied et mélange des genres. Si l'ensemble sonne comme du Cat Power, le cocktail a indéniablement insufflé quelque chose de plus coloré, rond et chaleureux à ce nouvel album. Notamment avec la présence récurrente des cuivres, lesquels cadencent l'entraînant "Could We" ou flottent sur le très beau "Willie".
Bien sûr, Chan Marshall n'oublie pas non plus de distiller sa griffe plus brute par petites touches. A l'image de "Hate", pur, troublant et direct, sa sublime voix accompagnée de sa seule guitare. On est également obligé de s'arrêter sur les splendides ouverture et fermeture de l'album. Si "Love & Communication" se positionne dans une veine plus indie, baigné par des cordes syncopées et un discret orgue vintage, le premier morceau, "The Greatest", reste LE grand moment du disque. Cordes lancinantes, thème imparable au piano, l'éponyme ouverture demeure simplement magistrale.
Malgré son titre, ce n'est sans doute pas malgré tout son plus touchant et plus bel album. Il faut aussi prendre en considération l'immense passif de Chan Marshall, auteure d'une discographie quasi exempte de ratés. Ce septième rejeton se pose néanmoins comme un grand disque.
Après un passage remarqué à l'automne dans le cadre du festival des Inrocks, Cat Power investira le Grand Rex le 8 mars, accompagnée du Memphis Rythm Band. Forcément à ne pas rater.
Julien Cottineau
Cat Power, "The Greatest", Matador / Beggars Banquet, sortie le 24 janvier 2006
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- Site officiel
- Beggars Banquet |
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