CD/Disque
The divine Comedy "Absent friends"
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Il a une voix qui collerait des frissons même à la plus frigide des féministes post soixante-huitarde anti-mâle. Après Regeneration, plus dépouillé sans être moins lyrique que les précédents, Neil Hannon revient avec un 8ème album sublime et lumineux, toujours porté par la même tristesse claire obscure et insondable.
Il y a quelque chose d’intemporel chez Neil Hannon. Sa voix rappelle celle d’un crooner des années cinquante, pétrie de charme et de mélancolie. Ses vibratos transpercent l’âme comme une flèche pour aller s’y réfugier, sans jamais donner l’impression d’aller trop loin, ou d’en faire trop. Un lyrisme renforcé par l’accompagnement, un orchestre symphonique grandiose sur la plupart des titres, qui porte les émotions au sommet, comme sur Leaving Today ou Freedom Road. Ce qui n’empêche pas quelques plages plus classiquement pop, guitares et chant, comme sur le joyeux Come Home Billy Bird, où de charmant(e)s choristes viennent prêter main forte à Neil, peuplant d’une altérité créative son monde grandiloquent et intimiste. Les titres plus dépouillés comme My Imaginary friends, sont également un délice. Et le petit air d’accordéon de Sticks & Stones ne vous sera certainement pas inconnu… Quand Yann Tiersen fait une petite intervention, ça se remarque ! ( Si quelqu’un a décollé l’image d’Yvette Horner de celle de l’accordéon, c’est bien lui…) Bref, cet album est une perle, qui jongle entre subtil et sublime, pop et lyrisme, et même sur les titres allants, il y a toujours cette mélancolie indicible en toile de fond. C’est peut-être elle qui laisse cette part d’énigme à Neil Hannon, à la fois prêt et intouchable, mais toujours aussi touchant.
Marie Charrel
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