CD/Disque
Editors "The Back Room"
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   Elevé au biberon Joy Division, le quatuor britannique venu de Birmingham plaque un album imparable et maîtrisé. En plein revival des années 80, ce « The Back Room » n’a rien de vraiment étonnant, ni d’original. Reste que c’est une superbe galette.
En pleine déferlante pop-rock britannique pur jus, plusieurs écoles s’affrontent. Celle des Libertines, celle des Franz Ferdinand et celle des The Departure. Cette dernière, forgée sur l’héritage de la Factory Records de la fin des seventies, début des eighties, avec l’emblématique Joy Division en tête, est une réponse radicale à la scène américaine reprenant les mêmes ingrédients depuis déjà quelques années. Avec Interpol comme fer de lance. A se demander si on navigue en pleine mode vintage, ou en véritable profession de foi.
Editors en est certainement l’exemple le plus probant, et l’un des plus talentueux. Les quatre Britanniques, basés à Birmingham, doivent probablement en avoir déjà marre d’être comparés à Joy Division. Mais il ne peut en être autrement. De la voix jusqu’en dans les ambiances et parfois même les mélodies, ils ne vont quand même pas nous faire avaler qu’ils n’ont jamais écouter « Closer ». Ne soyons pas non plus radical, Editors n’est pas une copie conforme. Les influences sont très claires, certes, mais une fois que l’on digère ce constat, ce premier disque s’avère être une réussite.
Dès l’ouverture et le percutant « Lights », et surtout avec l’imparable et superbe « Munich », on se laisse happer par l’atmosphère plutôt sombre (sans jamais tomber non plus dans un pathos exacerbé), bercée par cette basse linéaire et cette batterie entraînante. C’est d’ailleurs sur ce genre de rythmiques enlevées qu’Editors brille. Les phases plus lentes (« Fall » ou « Open Your Arms » par exemple), manquent parfois de profondeur. Et on préfère nettement quand les Editors s’enflamment sur un « Someone Says », ou jouent sur du velours comme avec le syncopé et suspendu – et somptueux - « Camera ». Sans trop comparer avec le passé, on parvient même à penser qu’Editors joue du Editors. C’est l’essentiel. D’autant que le disque n’est vraiment pas lassant. Et au final, il faut l’avouer, on en redemande.
Editors, The Back Room, Kitchenware / PIAS
Julien Cottineau
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Pour aller plus loin...
- www.editorsofficial.com
- www.kitchenwarerecords.com |
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