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CD/Disque
Jeff Mills "Blue potential"
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A l’origine, c’était un pari fou : faire jouer la techno futuriste du dj américain par l’Orchestre national de Montpellier. A l’arrivée, cela donne un concert incroyable, enregistré en juillet dernier dans l’écrin enchanteur du Pont du Gard.

par Olivier Sibille | le 03/04/2006 | genre: techno/classique

Jeff Mills - Blue potential
Le jour s’est couché sur le pont du Gard. Une brise légère apporte un peu de fraîcheur à cette soirée d’été. Seules les vieilles pierres sont encore éclairées et se reflètent dans les eaux du Gardon. Nous sommes le 2 juillet 2005, et les premières notes d’un concert hors du commun viennent de résonner. Les cors, les violons et les percussions de l’Orchestre national de Montpellier réunies, sur la même scène, avec le producteur techno le plus légendaire, pionnier du son de Detroit : Jeff Mills. Quoi, du classique et des machines ? Une alliance contre-nature, nous direz-vous ? Eh bien pas si sûr…

Superstar des dancefloors, célèbre pour sa musique minimale, puissante et futuriste, Jeff Mills est en effet bien plus complexe qu’il n’y paraît. Composés exclusivement avec des machines, ses morceaux ont une dimension orchestrale rare. On y entend des flûtes, des violons. On y décèle un vrai soucis de composition, qui s’évade du côté d’un jazz étrange et cosmique. Pour preuve, loin de se cantonner à la production de maxis pour dj’s, l’homme avait déjà fait quelques incursions, ces dernières années, du côté de la musique de films, en signant par exemple une nouvelle bande-son pour le Métropolis de Fritz Lang (2000) ou en composant la musique de Three ages de Buster Keaton (2005).

L’histoire de ce nouveau projet est celle d’une rencontre entre quatre hommes : Jeff Mills bien sûr, René Koering, surintendant de l’Orchestre de Montpellier, Alain Altinoglu, chef d’orchestre, et Thomas Roussel, jeune compositeur qui a été chargé d’un important travail de réécriture des morceaux. Car pas évident de faire jouer de la techno par des musiciens classiques ! A l’origine, il n’existait bien sûr aucune partition. Il a donc fallu tout réorchestrer. En se servant des instruments pour donner des harmoniques et des couleurs qu’aucune machine n’est capable de restituer. Sur scène, « Jeff, lui, s’est donné pour mission d’assurer les parties rythmiques électroniques, ainsi que certaines percussions, le tout avec beaucoup de liberté et une certaine improvisation, comme on pourrait l’imaginer pour des chorus de jazz », explique Alain Altinoglu. Et le plus incroyable, c’est que tout fonctionne. En 15 titres et 1h20 de concert, on redécouvre les titres mythiques The Bells, Amazon ou The march sous un jour nouveau. La puissance de l’orchestre est saisissante, comme Sonic Destroyer, ce morceau inspiré par la science-fiction pour Underground Resistance et sur lequel les 80 musiciens jouent tous en même temps, le plus fort possible.

Le plus étonnant, sur le DVD, c’est de voir cette foule colorée, massée devant la scène, en train de danser. Et de ce dialogue des oppositions, de cette rencontre entre deux pratiques jugées jusqu’ici inconciliables, les musiciens aussi ont tiré un certain plaisir. Du moins à en croire René Koering : « ils ne sont pas du tout opposés à cette expérience, alors que beaucoup d’autres auraient sans doutes fait grève pour moins que ça. Notre formation a notamment pour but d’amener un nouveau public au classique ». On ne peut que dire : mission accomplie !

Olivier Sibille
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Uwe (avril 2006)


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floO le 16/03/2007 à 15:15:05
vraiment une trés bonne initiative

Sophie le 14/02/2007 à 15:57:15
Superbe synergie entre un ensemble "classique" (ENOOOORME, le chef est terrible, je trouve) et l'electro. Personnellement, je trouve les morceaux "4Art" et "Amazon" sublimes.

Tom² le 16/04/2006 à 11:08:07
Une tres belle trouveille ! l'electro n'est pas que de la musique en boite le costard aurait été de rigueur sur une aussi belle prestation

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