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Clover "Baptême du feu"

En scène! Quelques mois après la sortie d'un premier album prometteur, « World's End Lane » (voir notre chronique), Clover se confronte en live au public. Et plutôt que de se contenter d'eux-mêmes, Garin Le Thuc et Charlotte Savary ont décidé de s'entourer d'un vrai groupe. Rencontre avant le baptême du feu au Baiser Salé, dimanche dernier (voir la revue du concert).

propos recueillis par Julien Cottineau

Clover :

« ... »


Photo © DR

Julien Cottineau : Première scène ce soir. Nerveux?
Garin : Un petit peu. Je n'ai jamais eu à affronter le public, à me retrouver face aux gens... Je suis assez timide à la base. J'ai peur de me planter je pense, d'oublier les morceaux.
Charlotte : En même temps, on va jouer principalement devant nos amis et nos familles, on peut rêver pire comme première scène! Ce n'est pas un parterre de journalistes qui va nous écouter les bras croisés. Ce soir le but était de limiter la pression.

Charlotte, en tout cas la scène tu connais?
Oui mais c'est différent, je jouais avec un groupe de reprises. J'ai fait une seule scène sérieuse, en juin dernier au festival d'Evreux (ndlr : Le Rock dans tous ses états), lors d'un titre avec Wax Tailor où je faisais du featuring simplement. Là effectivement, c'était très différent, impressionnant.

« World's End Lane » propose une électro-pop assez intimiste, avec beaucoup d'arrangements. Comment avez-vous adapté pour la scène?
G : On n'avait pas les moyens d'avoir des machines sur scène. En fait on n'avait personne pour s'en occuper...
C : Et on n'avait pas non plus envie de faire un show à deux avec laptop et voix, on trouvait ça un peu froid. On a commencé à répéter de manière vraiment basique, pop-rock. Nous avons vraiment dû adapter et remplacer la plupart des sons, les samples etc. Au final on retrouve bien l'esprit de l'album mais c'est plus organique. Plus rock aussi.
G : L'album est assez doux. Sur scène, ça bouge un peu plus.

Y-a-t-il des choses auxquelles vous avez vraiment été obligé de renoncer, des morceaux à complètement reconstruire?
C : Pas vraiment. Les morceaux ont gardé la même structure mais on a dû tout repenser. On n'avait que des programmations, alors que nous jouons là avec un vrai batteur par exemple. On a donc adapté en prenant des parties soit très acoustiques soit carrément plus rock ou plus énergiques pour justement compenser le manque de programmation.
G : Certains morceaux ont été néanmoins difficiles à adapter, comme « Sword City » , qui a changé de tête pas mal de fois.
C : « The Things » aussi. Tous les morceaux où la programmation était primordiale. On a parfois mis du temps avant de trouver, afin de recréer la tension qu'il y avait sur l'album.


Clover :

« ... »


Photo © DR

Qui sont les musiciens qui partagent la scène avec vous deux?
C : Je connaissais mal Julien Bressy (clavier) mais je l'aimais beaucoup et quand j'ai appris qu'il jouait du piano je lui ai proposé. Il a été tout de suite partant.

Il faisait de la scène, il jouait dans un groupe?
C : Non, il a une formation plutôt classique et n'a jamais fait de scène, il se lance aussi.
G : Nous sommes tous des débutants, sauf Fred Fuchs, le guitariste.
C : Fred, c'est son métier. C'est le label qui nous l'a présenté.
G : On nous l'a proposé, pas imposé! Et David Boniface (batterie) était un ami de Laurent Collat (de Fcom et producteur du disque). On avait envie de vraie batterie pour certains morceaux. David a d'ailleurs joué sur « To You ». Et du coup il a été intéressé pour nous rejoindre sur scène.

Vous expérimentez là un « live band » comme vous dites, depuis combien de temps vous préparez-vous?
C : On répète depuis juin dernier. Il y a eu des changements. On a commencé sans clavier.
G : On avait commencé aussi avec un autre guitariste.
C : Et depuis octobre (sortie du disque), on avait deux grosses répétitions par semaine, dix heures hebdomadaires. Trois quatre mois à ce rythme-là, c'est du boulot!

Trois mois avec les mêmes musiciens. Est-ce que ça peut devenir un deuxième Clover, un Clover bis?
G : Ca depend des volontés des uns et des autres, je pense. Mais Charlotte et moi continuons à travailler de la même manière en fait. Je réalise les « instrus » chez moi, et les envoie par mail à Charlotte, comme avant.
C : Si un jour on se met à faire des morceaux tous ensemble, pourquoi pas?


Clover :

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Photo © DR

Mais est-ce que ce groupe, prévu actuellement pour la scène peut devenir un nouveau Clover? Une véritable entité à quatre ou cinq personnes?
G : On n'a pas trop réfléchi à l'avenir, on pense plutôt à court terme pour les concerts. Si ça doit se faire, ce sera naturellement, si les musiciens sont toujours motivés. Dans l'écriture je ne sais pas du tout comment ça pourrait se passer en revanche.

Pour World's End Lane, Laurent Collat a pas mal participé: arrangements, écriture, etc. Vous avez dû déléguer, partager votre travail. Même chose avec le groupe? Vous leur avez laissé un peu de liberté?
G : Même totalement en fait!
C : Le but était que chacun apporte son truc, fasse des propositions et donne des idées. On n'est pas trop du genre: « fais-ci, fais-ça, applique ce qu'on fait! » (rires)
G : D'autant qu'on ne se considère pas comme des grands musiciens.
C : Chacun devait s'approprier les morceaux qu'il allait jouer. C'est primordial qu'on ait du plaisir à jouer.

Ca n'est pas angoissant de laisser sa musique entre les mains d'autres personnes?
C : Non, au contraire! L'album au final est un instantané, ça ne demande qu'à évoluer. Quand on connaît des morceaux depuis des années, on n'a qu'une envie c'est qu'ils aient une nouvelle tête!
G : Et c'est intéressant de voir ce que les gens peuvent y apporter, comment ils le voient.

Quel est votre répertoire sur scène? Vous jouer tout l'album, des nouveaux morceaux, des anciens que vous aviez écarté de la production? Des reprises?
C : Un peu de tout ça! Nous jouons un nouveau morceau et un vieux truc remis au goût du jour, plus l'intégralité de l'album et une reprise d'Archive, « Woman ». C'était une suggestion de Fred et je trouvais ça plutôt sympa.


Clover :

« ... »


Photo © DR

Au fait, pourquoi le chant en anglais?
C : Ca s'est fait naturellement. Je ne me pose pas la question. C'est juste que sur cette musique-là, sur Clover, l'anglais me venait naturellement. Et puis nos influences sont très anglaises à la base. Ce qui n'empêche pas un jour, pourquoi pas, de chanter en français. J'écris d'ailleurs en français, mais pour Clover je ne sais pas, ça l'a jamais fait.
G : Je suis très, très musique anglophone, très peu rock français. Ce n'est pas du tout ma culture. Mais il y a des trucs très bien.
C : J'aime bien la musique française mais plutôt la chanson. Le pop-rock en français, j'ai un peu de mal.

Vous vous situez comment sur la scène française actuelle? Comment vous la considérez?
G : On se sent très en marge en fait, dans le sens où on ne sent pas « affilié à », enfin je n'ai pas l'impression. De toute façon Clover reste très confidentiel pour l'instant.
C : S'il y a des groupes qui nous ressemblent, ils doivent être aussi confidentiels que nous parce que j'en n'ai pas vu pour l'instant! (rires). Après il y a plein plein de trucs géniaux qui se passent sur la scène française, ce n'est pas prétentieux du tout. J'aime beaucoup les Dominique A, les Pauline Croze, les Keren Ann. Après, côté électro-pop français, dernièrement il y a 3 Guys Never In qui n'est pas mal, à qui on nous a d'ailleurs attribué des ressemblances. Mais ce que je reproche aux groupes français c'est que c'est trop parlé, trop susurré.

Un dernier mot sur le futur?
G : On n'a pas vraiment de plan établi, on fait comme ça vient. Notre contrat avec Under Cover prévoie deux albums, plus un optionnel. Et en trois mois, on doit avoir quatre nouveaux morceaux. Mais pour l'instant, on se concentre vraiment sur les concerts.

Propos recueillis par Julien Cottineau.

Les prochaines dates :
25 mars : Café Montmartre (Paris)
2 avril : House of Live (Paris)

Crédits photos : © Lionel Samain 2005, tous droits réservés (DR).
Site internet : www.lionelsamain.com


Propos recueillis par Julien Cottineau
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Aller plus loin (liens) :

http://www.listentoclover.com/
http://www.undercover.fr/
Site du Photographe (Lionel Samain)
 

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