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| Inrocks 2007 - |
D. Banhart & Andrew Bird, Olympia, 12/11 |
D. Banhart & Andrew Bird, Olympia, 12/11 "Hair Show"
La vingtième édition des Inrocks s’est achevée en beauté à l’Olympia. La programmation néo-folk tendance chevelus et guitares sèches a comblé les addicts de Devendra Banhart, Beirut et Andrew Bird.
L’esprit des seventies plane sur l’Olympia ce soir. A commencer par le look des spectateurs : plutôt hippies, vestes kaki, jeans et sacs à dos. Au milieu d’étudiants aux fringues plus sages, on aperçoit même quelques longues tignasses entourées de barbes fournies : le style Devendra fait des émules.
La salle est pleine au deux tiers quand Loney Dear monte sur scène. Son folk un peu sage est une bonne entrée en matière, mais on s’ennuie vite. On lui préfère Remi Nicole, jolie anglaise qui lui succède, improbable mélange de Lili Allen et Amy Winehouse capable de jongler entre folk, pop-rock et même ska. Mais le meilleur est encore à venir.
Beirut
Il fait partie des musiciens qui, dès lors entrée sur scène, captivent. La salle est désormais pleine à craquer. Ce jeune américain a composé son première album au fin fond du nouveau Mexique en s’inspirant des fanfares des Balkans.
Son deuxième album est beaucoup plus empreint de chanson, en hommage à la France, où il s’est installé. Il y a une folie douce dans ses titres, dans la façon dont il jongle entre les instruments, envoie des œillades brillantes au public. Les instruments s’enchaînent, on se sent entre ici et ailleurs, on a envie de le retrouver très vite sur scène.
Andrew Bird
Difficile de ne pas se laisser bluffer par ce virtuose. Violon, guitare électrique, le songwriter américain mélange les genres avec une aisance déroutante, dessine des mélodies pop prenantes et intemporelles, aussi sophistiquées qu’évidentes. Il jongle entre les instruments, comme un gosse surdoué.
On se laisse surprendre par sa voix de velours, ses envolées élégiaques et ses sifflements, sa marque de fabrique. Ça et là, des spectateurs sifflent avec lui, susurrent les mélodies soignées. Elégant, discret, aérien, Bird est un maître du dosage.
Devendra Banhart
Aahh, Devendra, enfin: son look surréaliste, sa chevelure douteuse, sa voix bluesy, le raffinement de ses mélodies… Beaucoup sont venus pour lui ce soir, et ils lui montrent bien à son entrée sur scène. Une ambiance quasi mystique s'installe sur l'Olympia. Ce type a tout pour devenir un mythe, il l’est déjà. Mélancolique, joyeux, son folk a le don de faire fuser les émotions chez les auditeurs. On pense pêle-mêle à Nick Drake, Syd Barrett, Bob Dylan, George Harrisson.
Il n’a pas de mal à convaincre un public déjà conquis par son chant habité aux tremolos androgynes fascinants et son jeu de guitare roots. Voilà que l’esprit des seventies rapplique encore : on s’imagine facilement quelque part aux US dans une communauté hippie, en train de regarder une bande de troubadours allumés jouer autour du feu.
Ce n’est pas pour rien si le musicien a été couronné leader de la scène « freak folk » (étrange, aujourd’hui, comme les freaks sont « in »). Pourtant Devendra ne se contente pas de refaire vivre le son 70’s. Il le mêle habilement à d’autres influences, marie blues, rock, country et soul.
Le show s’achève, déjà. Les lumières se rallument, jetant certains spectateurs dans un état étrange, comme à la sortie d’un trip psyché. C’est un peu le cas. D’autres tirent une moue dubitative : tout le monde n’entre pas comme il veut dans le délire Devendra. Tant pis pour eux. Les addicts, eux, resteront sous l’emprise magique du gars jusqu’au lendemain matin. Au moins.
Photo 1 (Andrew Bird): crédit Robert Gil.
Photo 2 (Devendra Banhart) : Robert Gil.

Aena Léo
En savoir plus :
www.andrewbird.net
www.devendrabanhart.com
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