La house est-elle condamnée à tourner en rond? Il y a quelques années, on avait découvert Dennis Ferrer avec intérêt. Partisan de sonorités afro, d’inspirations jazzy, le new-yorkais se posait en digne successeur du grand Kerri Chandler. Depuis, il avait collaboré avec ce qui se faisait de mieux dans le genre, de Blaze à Barbara Tucker en passant par Reel People. On attendait donc son premier album solo avec impatience. Eh bien quelle déception! Ce double-cd, platement intitulé The world as I see it, nous fait tomber de haut. L’objectif était de regrouper plusieurs titres jusque là uniquement sorti en format maxi et de nouvelles compositions. Certes, le décor est propret, rutilant. Comme des plats, les morceaux s’enchainent, classiques, nets, bien produits. On passe de la deep-house minimale au classique couplet mélodie sirupeuse-voix. Mais côté cuisine, on recherche avec peine l’inspiration. Beats au kilomètre, instruments juxtaposés plutôt que jouant de concert, paroles caricaturales jusqu’à l’extrême : tous ces morceaux auraient très bien pu être composés il y a 10 ans. Et ce qui passait à l’époque pour quelque chose de nouveau paraît aujourd’hui bien démodé. On cherche un souffle, un peu de profondeur, d’inspiration, d’originalité. A côté du tube Church lady, seuls quelques morceaux parviennent à sortir du lot, à l’image de l’entrainant Hit it off ou de Dem people go et ses percus groovy. Manque de pot, ces deux titres ne sont que des pièces rapportées, composées… il y a plusieurs années !