| Info - |
Depeche Mode à Bercy |
Depeche Mode à Bercy "Indétrônables anges noirs"
Depeche Mode, le groupe le plus sombre de la pop new wave en tournée mondiale, a triomphé devant le public parisien de Bercy.
Mythique. Renversant. Historique. Les fans ne manquaient de qualificatifs le 23 février dernier, à la sortie de l'un des trois concerts parisiens de Depeche Mode.
Retour quelques heures plutôt. Après une première partie qui a peiné à retenir l’attention du public (The Bravery), le groupe entre sur scène. C’est d’abord Martin Gore qu’on remarque. Le guitariste et compositeur du groupe porte deux ailes d’ange noir et une étrange coiffe qui lui vaut le surnom de « chicken man » par son entourage. Ange ou poulet, il déclarait pourtant, lors d’une interview accordée au Monde fin janvier, que « l’ange, c’est Dave. Il était le démon pendant des années, mais il a gagné le trophée d’ange pour la première fois. Il n’a pas bu une goutte d’alcool depuis 1997 ».
La période noire des années 90, pour le chanteur Dave Gahan, est bien finie. Sur scène, il tombe la veste pour dévoiler les tatouages maculant son torse, dont les détails éclatent sur les écrans géants derrière les musiciens. D’abord trois, puis six, ces derniers projettent des images et jeux de lumière hallucinatoires. Une boule géante, à gauche de la scène, affiche des mots (sexe, vice, conscience), installant une ambiance futuriste et surréaliste. Pendant près de deux heures, le trio accompagné par deux autres musiciens (batterie et clavier), joue une dizaine de morceaux de leur dernier album, Playing the Angels. Sorti en octobre 2005, ce 11ème opus marque le retour au son électronique pionner de leur début.
Le groupe poursuit avec ses anciens tubes, en autres Behind the Wheel, Enjoy the silence, Just can’t get enough, dans une enchaînement parfait. Les spectateurs, mélange improbable d’ados et de trentenaires nostalgiques, reprennent en cœur les paroles qu’ils connaissent sur le bout des doigts. La voix grave et sombre de Dave Gahan, qui résume à elle seule l’univers Depeche Mode, les plonge en quasi-transe. Le trio, généreux avec son public, partage, la communion se fait.
Après un final en apothéose et deux rappels, les lumières de Bercy se rallument. Des regards éblouis et brillants s’échangent. Et reflètent la même complicité : « on était là, on l'a vécu, il n’y a pas de mot assez fort pour le décrire ».

Marie Charrel et Nicolas Muller
En savoir plus :
Le site officiel de Depeche Mode
|
|
|