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| Les Eurockéennes de Belfort - |
Depeche Mode |
Depeche Mode "Ange massif"
Tête d'affiche des Eurocks, le groupe légendaire britannique a brillé. A deux mois d'achever une tournée de près d'un an, Depeche Mode a donné un show énorme et a tout sauf déçu.
"L'un des objectifs, dans la programmation, ça a été de noyer Depeche Mode dans l'ensemble. On ne voulait pas que l'affiche des Eurockéennes y soit réduite." L'aveu des programmateurs est louable. Et on peut dire sans hésiter qu'ils ont réussi leur pari. L'an dernier à la Route du Rock à Saint-Malo, des hordes de "corbeaux" avaient envahi le site pour The Cure le samedi avant de disparaître ou presque dès le lendemain en laissant un certain vide dans le public malgré une excellente programmation répartie sur trois jours. Les Eurockéennes, en revanche, ont réussi à faire carton plein tout le week-end.
Depeche Mode donc. Un monument. Trente ans de carrière. Deux heures de tubes sans discontinuer. Après avoir sillonné sans s'arrêter l'Europe et les Etats-Unis depuis octobre dernier, le groupe de Basildon achève sa longue tournée cet été en festival. Tournée qui, selon certains fans, reste l'une des meilleures de leur histoire. Fort du très bon Playing The Angel sorti à l'automne dernier, Depeche Mode s'appuie du coup sur du solide. Sans compter son répertoire.
Ils auraient pourtant pu passer à côté. Nombre de groupes mythiques n'ont plus la même magie à leur portée. Mais la machine de Martin Gore est tout sauf rouillée. Entamé avec quelques morceaux du dernier album, le set ne cesse d'enchaîner des morceaux somptueux. Après un toujours fabuleux Walking in My Shoes, Depeche Mode se fend d'un phénoménal I Feel You, baisse un peu trop le tempo bizarrement sur l'énorme Behind The Wheel, et conclut avec le génial Enjoy the Silence.
A l'inverse de tous les autres prestations du festival, les deux écrans géants de la Grande scène ont été réquisitionnés par le groupe pour s'adjoindre aux trois écrans non alignés en fond de scène. Les images mélangent vidéos préparées et prises de vue en direct, souvent avec saturation de couleurs ou noirs et blancs dans la grande tradition Depeche Mode. C'est sombre mais lumineux, dense et prenant. Toujours aussi déchaîné, Dave Gahan se donne sans compter et ne cesse, comme à son habitude, de laisser le public se charger de quelques refrains. En rappel, Martin Gore revient seul pour un splendide Shake The Disease clavier et voix, avant que le groupe ne baisse le rideau avec Never Let Me Down Again. Impeccable. Grandiose. Après ça, on en a presque oublié que la France vient de se goinfrer le Brésil deux heures avant.
Crédits photo: Samuel Carnovali (1 et 2), DR (3).

Julien Cottineau
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